Le vin est moqueur, les boissons fortes rendent bruyant. Le vin trompe un homme : non seulement il le terrasse avant qu'il s'en aperçoive, mais il lui promet un plaisir qu'il ne donne pas ; au contraire, l'excès de boisson lui procure de la douleur, et il se moque ainsi de lui. Bien plus, il l'expose à la honte, au déshonneur et aux railleries des autres ; et de son côté il le pousse à se moquer de ses compagnons, et même à railler la religion et tout ce qui est bon et sérieux (voir Osée 7:5). Quant aux boissons fortes, non seulement elles troublent le cerveau et échauffent les esprits, en sorte que l'homme bouillonne intérieurement, mais elles le poussent à s'emporter et à chercher querelle à ses compagnons et à tous ceux qu'il rencontre ; de telles gens tombent d'ordinaire dans les rixes et les disputes et y récoltent malheur, chagrin et blessures (Proverbes 23:29,30). Aben Ezra donne du verset ce sens :
« l'homme de vin »
- c'est-à-dire l'ivrogne, dit aussi Ben Melech -
« est un moqueur, et il réclame à grands cris des boissons fortes pour qu'on lui en donne » ;
sens qui n'est pas mauvais.
Quiconque s'y laisse prendre n'est pas sage : celui qui s'y adonne, qui ne s'en garde pas mais s'en laisse vaincre, agit non pas en sage, mais en insensé ; car le vin abrutit les hommes autant qu'il les trompe. On peut appliquer cela au vin de la prostitution, c'est-à-dire à la fausse doctrine et à la superstition de l'Église de Rome, dont les nations de la terre sont trompées et enivrées, et qui les pousse à blasphémer Dieu, à railler son peuple et à le traiter avec cruauté (Apocalypse 17:2,3,6 ; 18:3,23).