Corrige ton fils tant qu'il y a de l'espoir : espoir de le conduire et de le maintenir dans le bon chemin, tant que les corrections peuvent être ou paraissent utiles ; pendant l'enfance et la jeunesse, tant qu'il est sous l'autorité de ses parents, et avant que les mauvaises habitudes ne se soient enracinées, que le cas ne soit désespéré et qu'il ne se soit endurci et fermé à toute leçon et à toute discipline.
Et ne te laisse pas fléchir par ses cris : le bruit qu'il fait, les larmes qu'il verse, les supplications qu'il emploie pour écarter la verge ; qu'une tendresse et une pitié mal placées ne l'emportent pas au point de faire renoncer à la correction, dont l'absence peut être funeste au parent comme à l'enfant (voir Proverbes 13:24 ; 23:13,14). Le Targum porte :
« mais jusqu'à sa mort n'élève pas ton âme » ;
ou « jusqu'à le tuer », comme dit la Vulgate ; c'est aussi le sens que retient Jarchi. Et alors le sens est que, si les parents doivent prendre soin de corriger comme il faut leurs enfants tant qu'il y a espoir de leur faire du bien, ce n'est pas d'une manière brutale et barbare, au risque de leur vie. Car certains parents sont trop indulgents, mous et doux, comme le fut Éli ; d'autres sont trop emportés et trop furieux, et n'apportent aucune mesure à leurs corrections, mais battent leurs enfants sans pitié : il faut éviter ces deux extrêmes. Guershom entend le mot du cri, comme nous.