Quand vient le méchant vient aussi le mépris : quand il vient au monde, dit Aben Ezra ; dès sa naissance il est méprisable, étant né dans le péché - mais cela est vrai de tous. Il vaut mieux comprendre, avec la Vulgate, à laquelle s'accordent la Septante, la version syriaque et la version arabe : quand il parvient au fond du péché, ou au comble de sa méchanceté, il se met à railler et à mépriser tout ce qui est bon. Et quand il entre dans la maison de Dieu, on peut dire : « voilà le mépris qui entre » ; car il ne vient pas y écouter la Parole pour en tirer profit, mais pour la mépriser, elle et ses serviteurs.
Et avec la honte vient l'insulte ; ou : « avec l'homme méprisable vient l'insulte » : celui qui méprise tout ce qui est bon et traite les choses divines par la dérision ne se privera pas d'insulter les meilleurs des hommes et de dire faussement du mal d'eux, à cause de leur religion. Ou bien le sens de l'ensemble est que les méchants finissent tôt ou tard par tomber eux-mêmes dans le mépris, la honte et l'insulte : ceux qui méprisent le Seigneur sont tenus pour rien par lui, et l'homme vil est méprisé aux yeux de l'homme de bien. De tels hommes s'attirent, à eux et aux leurs, honte et déshonneur de leur vivant ; et quand ils meurent, ils sont mis au tombeau sans honneur ; l'infamie s'attache à leur mémoire, et ils ressusciteront pour une honte et un mépris éternels.