Celui qui parle le premier dans sa cause paraît juste - comme le fit peut-être Tertulle avant que Paul ne présentât sa défense, et comme fit Tsiba, le serviteur de Mephiboscheth, avant que son maître ne l'eût démasqué. Cela se vérifie souvent quand on raconte une histoire, dans la conversation privée, dans les procès devant les tribunaux, et dans les controverses théologiques.
Mais son adversaire vient et l'examine : son adversaire entre dans la maison où il raconte son histoire et la rapporte tout autrement, faisant voir la fausseté de son récit ; ou il vient au tribunal et présente la cause sous un tout autre jour ; ou il paraît en public par des écrits et expose les erreurs d'un homme engagé dans une mauvaise cause et réfute ses arguments. On l'entend généralement des affaires judiciaires : le premier qui expose une cause prévient facilement le juge et la cour en sa faveur, et ils sont portés à croire d'abord qu'il a raison ; mais il ne faut pas se hâter de juger avant d'avoir entendu l'autre partie, car l'adversaire vient discuter l'affaire, la démêler tout entière, montrer la faiblesse de la cause et la vanité des prétentions, et détruire toutes les allégations. Et alors « il » - le juge, selon certains interprètes - « examine » : il s'enquiert de plus près de l'affaire, pour découvrir la vérité et rendre un jugement et une sentence justes.