L'esprit d'un homme le soutient dans sa maladie : l'esprit d'un homme fort, dit Jarchi ; d'un homme de cœur, qui a la force d'âme, fût-elle simplement naturelle, et à plus forte raison la force d'âme chrétienne ; sur qui repose un esprit de force, de puissance et de sagesse ; un homme d'un esprit chrétien, renouvelé dans les dispositions de son esprit ; un homme spirituel, en qui est l'Esprit de Dieu, en plus d'une âme raisonnable, substance immatérielle, immortelle et impérissable. Un tel homme tiendra bon sous bien des épreuves et bien des difficultés de la vie ; il supportera les infirmités du corps ; il prendra patiemment la perte de ses amis et de ses biens ; il supportera avec sérénité l'insulte et la perte de sa bonne réputation, à cause de la justice ; et il souffrira la persécution pour le Christ et l'Évangile d'un esprit ferme et invaincu. La paix de conscience qu'il ressent, la présence de Dieu avec lui, l'amour de Dieu répandu dans son cœur, la vue que toutes ses afflictions découlent de cet amour et concourent à son bien, et la perspective de la gloire de l'autre monde : tout cela lui fait supporter et traverser toutes ses afflictions avec aisance et même avec plaisir ; sa conscience est nette, son cœur est entier, son esprit est en paix ; car ses blessures sont guéries, ses péchés pardonnés et son âme sauvée en Christ.
Mais un esprit abattu, qui le supportera ? Ou : un esprit « frappé », frappé par le Seigneur, par sa Parole, dont il se sert comme d'un marteau pour briser les cœurs de pierre ; par la loi de Dieu, qui produit la colère et l'attente d'une ardente indignation ; par l'Esprit de Dieu, qui réveille la conscience et la convainc de péché, de justice et de jugement - coups fort douloureux, quoiqu'ils tendent à amener à la repentance, qu'ils visent à guérir et qu'ils soient donnés par amour. Ou : « un esprit brisé », comme en Proverbes 17:22 ; brisé par le sentiment du péché et par l'excès du chagrin qu'il en a ; quand un homme perd toute force et toute espérance, n'espérant plus ni vie ni salut, et se trouve dans le plus grand désarroi ; tous ses projets et tous ses desseins sont brisés, comme son cœur ; il ne sait plus que faire ni quel chemin prendre ; il est inconsolable et refuse d'être consolé - et cela, sur le moment, est insupportable. Le Seigneur pourtant a des égards pour ceux-là et se tient près d'eux ; il a envoyé son Fils panser les cœurs brisés ; bien plus, il a été brisé lui-même pour eux ; et c'est un bonheur pour eux qu'ils tombent sur lui et soient brisés, plutôt que lui sur eux. Ou : « un esprit blessé » - blessé par la vue du péché commis contre l'Être qui sait tout et peut tout, un Dieu pur et saint, un Dieu juste, dont la nature est infinie, si bien que le péché commis contre lui exige une satisfaction infinie qu'aucune créature ne peut donner ; un Dieu aussi qui est l'auteur de leur être et le Père de toutes leurs grâces - ce qui rend le péché contre lui d'autant plus cuisant et d'autant plus déchirant. Ils sont blessés encore par la vue de la malignité du péché et des circonstances qui l'aggravent, et par les terreurs de la loi rangées en bataille contre eux. Et un tel esprit, « qui le supportera » ? Nul, sinon en voyant un Sauveur blessé ; en voyant l'expiation faite par son sacrifice ; en recevant la découverte et l'application de la grâce qui pardonne ; en sentant la paix et la réconciliation faites par le sang du Christ ; ou en concevant quelque espérance de salut par lui - et à moins que le bon Samaritain ne verse l'huile et le vin sur ses plaies et ne les bande.