Les paroles agréables sont un rayon de miel. Jarchi l'entend des paroles de la loi ; mais il vaut bien mieux l'entendre des doctrines de l'Évangile : les doctrines de l'amour éternel de Dieu, de l'élection éternelle, de l'alliance de grâce, de la personne du Christ Dieu-homme ; de la paix et de la réconciliation par son sang ; de la rémission des péchés par son sacrifice expiatoire ; de la justification par sa justice ; de la vie et du salut par son obéissance, ses souffrances et sa mort ; toutes les doctrines de la grâce, qui montrent que le salut, dans toutes ses parties, est dû entièrement à la grâce gratuite de Dieu. Toutes sont agréables à l'oreille de celui qui connaît ce son de fête, et au goût de celui qui a goûté combien le Seigneur est bon. On peut aussi entendre les précieuses promesses de l'Évangile, gratuites et inconditionnelles, irrévocables et immuables, qui ne manquent jamais de s'accomplir, qui sont oui et amen en Christ, et qui sont adaptées à toutes les situations du peuple de Dieu : elles sont très douces et très agréables quand elles sont dites à propos et appliquées au bon moment. De plus, les paroles de ceux qui sont sages de cœur, les vrais croyants, qu'elles s'expriment en prière ou en louange, sont agréables au Seigneur et lui sont fort acceptables ; comme le sont aussi leurs entretiens sur les choses spirituelles : quand la parole est accompagnée de grâce, elle communique la grâce et devient fort agréable. Or, tout cela, et surtout les doctrines de l'Évangile, est comme « un rayon de miel » : d'abord par la manière dont il est produit, car il est fait et rempli par l'abeille laborieuse, qui va de fleur en fleur, récolte le miel, le rapporte à la ruche et l'y dépose ; ainsi les serviteurs laborieux de l'Évangile récoltent leurs doctrines dans les saintes Écritures, qu'ils scrutent avec soin, allant d'un texte à l'autre et tirant de chacun quelque chose ; et, richement chargés de la plénitude de la bénédiction de l'Évangile du Christ, ils la rapportent à la ruche de l'Église, où ils nourrissent les hommes de connaissance et d'intelligence. Ensuite par la manière dont il se communique, en coulant librement, peu à peu et sans cesse ; ainsi les serviteurs de l'Évangile distillent librement ses paroles agréables, sans y être forcés, n'ayant d'autre contrainte que l'amour du Christ et des âmes ; ils le font peu à peu, selon ce que les hommes peuvent porter, et ils prêchent constamment la Parole, à temps et à contretemps. Et comme le miel qui coule du rayon est le meilleur de tous - on l'appelait le « miel vierge » -, ainsi les vérités de l'Évangile sont ce qu'il y a de plus excellent. De même encore, elles sont comme le rayon à cause du miel qui y est : elles ressemblent à ce miel du rocher dont Israël mangea, à celui du lion dont Samson se nourrit, à celui que goûta Jonathan et qui lui éclaira les yeux ; car l'Évangile découle du Christ, le Rocher ; il se trouve en lui, le Lion de la tribu de Juda, et en lui immolé ; et il a la vertu d'éclairer les yeux. Enfin, ces paroles agréables sont dites semblables au rayon de miel pour leur douceur et leur vertu bienfaisante, comme le dit la suite :
douces à l'âme et salutaires au corps. Elles sont « douces à l'âme » de celui qui les comprend et qui en a le goût spirituel ; non pas à l'homme naturel et non régénéré, dont le goût naturel est resté intact et n'a pas changé, et qui appelle le mal bien et le bien mal, mettant l'amer pour le doux et le doux pour l'amer : pour lui les doctrines de l'Évangile sont fades, insipides et déplaisantes ; ni au chrétien de nom, qui, même s'il fait mine de les estimer, n'y trouve aucun goût spirituel ; mais à ceux qui croient, à qui le Christ est précieux, qui ont goûté sa bonté : pour ceux-là elles sont douces, plus douces que le miel et que le rayon de miel (Psaume 19:10 ; 119:103 ; Cantique 2:3 ; Ézéchiel 3:3). Et elles sont « salutaires au corps » : ce sont les paroles salutaires de notre Seigneur Jésus ; elles sont le moyen de guérir les maladies de l'esprit, de guérir les âmes blessées, les cœurs brisés et les os brisés ; elles font tressaillir de joie les os broyés. Or, ce qui guérit les os fortifie tout l'homme, la force d'un homme résidant en grande partie dans ses os : elles fortifient l'homme intérieur, elles font aller les croyants de force en force et les font persévérer jusqu'à la fin.