Une sentence divine est sur les lèvres du roi ; ou : une « divination », selon le sens du mot, ou quelque chose qui y ressemble, comme l'interprètent Aben Ezra et Guershom. Ce qu'il dit est comme un oracle et devrait être rigoureusement vrai. Certains l'entendent de la sagacité et de la pénétration des rois, telles qu'on les vit chez Salomon jugeant les deux femmes ; mais on ne les trouve pas d'ordinaire chez les rois. Il vaut donc mieux comprendre ce verset comme disant ce que les rois devraient être et non ce qu'ils sont. Ils devraient, comme les rois d'Israël, avoir devant eux le livre de Dieu, le lire, juger et prononcer en chaque cause conformément à lui, et parler comme les oracles de Dieu ; et alors on pourrait dire qu'une sentence divine est sur leurs lèvres. Mais il vaut mieux entendre ceci du Roi des rois, du Roi Messie, sur les lèvres de qui la grâce est répandue et de qui ne sortent que des paroles de sagesse, de grâce et de vérité ; qui enseignait en vérité la voie de Dieu ; qui avait sans cesse dans le cœur et à la bouche la Parole de Dieu ; sur qui repose sans mesure l'Esprit de sagesse, et qui est lui-même la sagesse et la Parole de Dieu, comme il en est la puissance.
Sa bouche ne trahit pas la justice quand il juge. Cela ne peut se dire d'aucun roi terrestre : ils ne devraient certes pas trahir la justice dans leurs jugements, mais il n'est que trop notoire qu'ils le font ; si on pouvait appliquer ceci aux rois en général, ils auraient plus de droit à l'infaillibilité que le pape de Rome. Mais cela est vrai du Christ, le Roi des saints, qui est un Roi régnant dans la justice et décrétant le droit, siégeant sur son trône pour l'établir et l'affermir par le droit ; sa bouche ne trahit jamais la justice dans le jugement, il ne dit ni ne fait jamais rien d'injuste : son sceptre est un sceptre de droiture.