Un cœur paisible est la vie du corps : un cœur rendu tel par la grâce de Dieu, où se trouvent de solides principes de vérité, de justice et de sainteté ; ceux-ci préservent du péché et donc de bien des maladies, en sorte que la vie du corps s'en trouve saine et sauve, conservée en santé et en vigueur. Ou : un cœur « tranquille », libre de colère, d'emportement et d'envie et de toutes les passions et agitations de ce genre - ce qui contribue beaucoup à la santé du corps et au bien-être de la vie. Ou encore : un cœur, un esprit « qui guérit », humain, bienveillant et amical, qui plaint et soulage les détresses d'autrui et réconcilie ceux qui sont brouillés. Un tel homme est « la vie des chairs », comme porte le texte hébreu, c'est-à-dire la vie des hommes, de sa propre chair et de celle d'autrui : il contribue au bien-être des autres autant qu'au sien.
Mais l'envie est la carie des os : celui qui envie le bonheur et la prospérité d'autrui se ronge lui-même ; cela consume non seulement sa chair, mais affaiblit et détruit les parties les plus solides de son corps, les os ; c'est comme une « mite » au-dedans de lui, dit la version arabe. Le Targum porte :
« comme la pourriture dans le bois, ainsi est l'envie dans les os » ;
d'où le « livor edax », l'envie rongeuse, dont parle Ovide, et de même Martial.