La multitude du peuple fait la gloire d'un roi : car c'est le signe d'un gouvernement bon et sage, d'une administration clémente et juste, de libertés et de biens dont on jouit, de paix, d'abondance et de prospérité ; ce qui pousse les sujets à servir leur roi de bon cœur et à rester paisiblement sous son gouvernement, et invite d'autres gens à venir de partout s'y établir - ce qui accroît d'autant la force et la gloire du prince. Cela est vrai du Roi des rois, de Jésus-Christ, qui est le Roi des saints : son honneur et sa gloire, comme Médiateur, tiennent au grand nombre de ses sujets volontaires, rendus « de bonne volonté au jour de sa puissance » sur eux, et aussi nombreux que les gouttes de la « rosée » du matin (Psaume 110:3) ; tels qu'il en eut aux premiers temps de l'Évangile, chez les Juifs comme chez les païens ; et tels qu'il en aura surtout aux derniers jours, quand s'accompliront les prophéties d'Ésaïe 60:4-8. C'est ainsi qu'un ancien écrit juif applique ce passage au Roi Messie.
Mais le manque de peuple est la ruine du prince ; ou : sa « consternation ». Si son peuple périt dans des guerres où son ambition ou sa cruauté l'ont entraîné ; ou s'il est chassé du royaume par la persécution ou l'oppression, il s'ensuit un déclin du commerce et donc des richesses, un défaut de mise en culture des terres et par conséquent la disette ; et à la longue la baisse est telle qu'il n'y a plus assez de gens ni pour faire le commerce et cultiver la terre, ni pour se battre pour leur prince et défendre le pays. Aussi, quand une puissance étrangère l'attaque, il est frappé de la plus grande consternation et va à la ruine. Tel sera le cas du prince des ténèbres, l'homme de péché, l'Antéchrist : si nombreux que soient ou qu'aient été ses sujets, régnant sur des langues, des peuples et des nations, il en sera bientôt abandonné ; les nations se détacheront de lui l'une après l'autre ; elles et leurs rois le haïront, le dépouilleront, le laisseront désolé et le brûleront au feu (Apocalypse 17:15,16). Certains traduisent : « la consternation qui amaigrit », cette consternation qui fait dépérir un roi.