L'insensé fait connaître aussitôt son emportement : n'ayant aucune maîtrise de lui-même, il ne peut ni le contenir ni le cacher ; à peine l'a-t-on provoqué qu'il le montre par son visage, ses paroles et ses gestes : cela se voit au feu de ses yeux, aux rides de son front, au grincement de ses dents, aux coups de pied qu'il donne, comme aux paroles amères de sa bouche. Ou : « l'emportement de l'insensé se fait connaître le jour même », le jour même où on l'a provoqué, et même à l'heure, et même à l'instant ; il ne peut pas le retenir un instant. Ou bien : il se fait connaître ouvertement, tout le monde le voit et le remarque. Ou encore : « l'insensé se reconnaît aussitôt à son emportement » (voir Ecclésiaste 7:9).
Mais l'homme avisé couvre l'affront : il cache sa colère et son ressentiment pour le tort qu'on lui a fait en paroles ou en actes, tort qui, s'il le laissait éclater, tournerait à sa honte et à son discrédit. Ou bien il couvre l'affront lui-même : les paroles humiliantes qu'on lui adresse et les procédés méprisants qu'on lui inflige ; il supporte le mépris qu'on lui témoigne et le prend patiemment ; il ne relève pas l'offense qu'on lui fait et, à plus forte raison, ne cherche pas à se venger. Et en cela il agit avec sagesse, car il s'épargne ainsi bien des ennuis et gagne davantage de crédit et de considération auprès des autres.