Par sa bouche, l'hypocrite ruine son prochain : il le trompe par ses flatteries et ses mensonges et l'entraîne dans des plans et des pratiques funestes ; ou il le « corrompt », selon le sens du mot et la traduction du Targum, par de fausses doctrines. C'est ainsi que, par de belles paroles et de beaux discours, ceux qui guettent l'occasion de tromper abusent les gens simples et crédules ; c'est ainsi que les faux docteurs, avec leurs hérésies funestes, attirent sur les hommes une ruine soudaine ; et c'est ainsi surtout que l'Antéchrist et ses agents, en débitant des mensonges avec hypocrisie, corrompent et perdent beaucoup de monde (1 Timothée 4:1,2).
Mais par la connaissance les justes sont délivrés : de l'hypocrite et de l'ouvrier trompeur, et du danger d'être corrompus et perdus par les paroles de sa bouche. Jarchi dit : par la connaissance de la loi, qui met en garde contre lui ; mais plutôt par la connaissance de l'Évangile, que le juste possède. Car de même que par elle il échappe aux souillures du monde, de même il est délivré et gardé de l'égarement des méchants. Par la connaissance de lui-même - de son origine en Adam, de la corruption de sa nature, du mal qui ronge son cœur, de la gravité extrême du péché ; de son état perdu et désespéré ; de son impuissance à faire le bien, de son incapacité à accomplir la loi et à expier le péché, et de l'insuffisance de sa propre justice à le justifier devant Dieu -, il est préservé d'adopter les idées de la pureté de la nature humaine, du libre arbitre et de la justification par les œuvres. Par la connaissance de la personne du Christ, de ses fonctions et de ses titres, de lui comme Sauveur, de l'efficacité de son sang, de l'excellence de sa justice et de la perfection de son sacrifice ; par la connaissance de Dieu en Christ, de l'Esprit et de ses opérations de grâce, comme par la connaissance des saintes Écritures en général, il est à l'abri de se laisser entraîner dans quelque erreur que ce soit sur les personnes divines, et particulièrement sur la divinité, la filiation et l'œuvre satisfactoire du Christ. Bref : de même que l'ignorance est la mère de la dévotion, de la superstition et de l'erreur dans l'Église de Rome, de même la connaissance spirituelle et vécue de ces choses est le meilleur préservatif contre toutes les erreurs et les hérésies qui corrompent et perdent les âmes, qu'on les trouve dans cette Église apostate ou ailleurs.