Quand meurt le méchant, son espérance périt : son attente d'une vie plus longue, de plus de richesses, de plus d'honneurs, de plus de plaisirs ici-bas, et d'un bonheur dans l'au-delà avec l'espoir d'échapper à la colère à venir. Il découvrira, en venant à mourir, que ses attentes en ce monde étaient vaines, et que celles qui concernaient le bonheur dans l'autre reposaient sur du vide. Ou bien : quand il meurt, cessent aussi les attentes de ceux qui comptaient sur lui, se fiaient à lui et espéraient de grandes choses de sa part.
Et l'attente des hommes iniques périt : elle rend l'âme et expire en même temps que lui ; elle n'existe que dans cette vie et cesse en tout cas avec elle. Il n'a pas d'espérance dans sa mort, à la différence du juste ; s'il ne vit pas sans espérance dans le monde, il n'en a plus aucune en le quittant, ou du moins plus aucune qui lui serve. De plus, l'espoir qu'ont les « iniques » d'opprimer autrui et de lui nuire cesse à leur mort (Job 3:17). Le mot rendu par « iniques » est compris par certains comme désignant la force, les biens, les richesses ; auquel cas le sens serait qu'une espérance placée dans la force et la fortune périt à la mort. Jarchi l'entend des enfants, qui sont le bien d'un homme, comme si le sens était que l'espérance des enfants d'un tel homme est alors coupée.