Celui qui retient le blé, le peuple le maudit : celui qui le stocke en attendant un meilleur prix et un meilleur marché, et qui ne le sort pas et ne le met pas en vente en temps de pénurie ; le Targum ajoute : « pendant la famine » ; la version syriaque : « dans la détresse », c'est-à-dire en temps de disette et de famine. Cela lui attire la malédiction des pauvres, qui appellent sur lui et sur les siens les pires malheurs. Jarchi l'entend de la loi et du refus de l'enseigner ; mais on peut mieux l'appliquer à l'Évangile et au refus d'en assurer la prédication, ce qui provoque une famine - non pas de pain ni d'eau, mais d'entendre la parole du Seigneur. C'est ce que font les papistes en interdisant aux prédicateurs de l'Évangile d'annoncer la Parole ; en défendant au peuple de la lire dans sa propre langue ; en la lui verrouillant dans une langue qu'il ne comprend pas ; et ils affament ainsi les âmes des hommes, ce qui attire sur eux la malédiction.
Mais la bénédiction est sur la tête de celui qui le vend - à un prix raisonnable, en sorte que les pauvres puissent en acheter : ceux-là recevront leur bénédiction ; on leur souhaitera tout le bonheur possible, à eux et à leur maison, ici-bas et dans l'au-delà. Ou : « celui qui le rompt », qui le sépare du tas, qui le broie et le moud en farine avant de le vendre ; ou qui le distribue libéralement - la Septante porte « celui qui partage », et la version arabe « celui qui donne ». Cela peut fort bien s'appliquer au fidèle serviteur de l'Évangile, qui rompt le pain de vie et le distribue librement et largement aux âmes, et à qui le peuple qu'il sert adresse ses prières et ses vœux les plus sincères. C'était le maître de maison qui rompait le pain, comme le Christ le fit souvent.