Alors j'ai dit : la sagesse vaut mieux que la force, etc. La sagesse de l'esprit, même chez un pauvre, vaut mieux que la force du corps, fût-ce celle du prince le plus puissant et de l'armée la plus formidable, comme on peut le conclure de l'exemple qui précède : le pauvre homme sage fit plus par sa sagesse que le grand roi avec sa puissante armée, contraint de lever le siège par le conseil donné, ou par les mesures indiquées ou prises par le pauvre homme ;
et pourtant la sagesse du pauvre est méprisée, et ses paroles ne sont pas écoutées - malgré un exemple aussi éclatant que celui qui vient d'être rapporté, les hommes gardent leurs préjugés contre le pauvre, méprisent ses sages conseils et avis pour cette seule raison qu'il est pauvre, et ne prêtent nulle attention à ce qu'il dit ; ou : « quoique la sagesse du pauvre », etc., selon Aben Ezra : Salomon tira la conclusion ci-dessus de cet exemple ; et quoique ce soit d'ordinaire le cas que l'on méprise la sagesse du pauvre et qu'on n'écoute pas son avis, cela ne diminua en rien l'opinion que le sage en avait. On peut aussi traduire : « même la sagesse du pauvre méprisée, et ses paroles non écoutées » valent mieux que la force et la puissance extérieures, et sont plus utiles et plus serviables - sens que favorise la version des Septante ; la Vulgate latine porte : « comment la sagesse du pauvre est-elle méprisée ! », etc., comme s'étonnant qu'il en soit ainsi, quand tant de profit et d'avantage revinrent à la ville de cette sagesse.