Tout cela, je l'ai vu, etc. Observé, remarqué et considéré à fond : tout ce qui est dit plus haut de la rareté des hommes et des femmes de bien, de la chute de nos premiers parents, de l'excellence de la sagesse, de la nécessité et de l'avantage de garder le commandement du roi, du temps et de la manière de le faire, des fâcheuses conséquences de l'inattention à ces choses, de l'ignorance de l'avenir, et de l'inévitabilité de la mort ;
et j'ai appliqué mon cœur à toute œuvre qui se fait sous le soleil - non pas tant aux œuvres mécaniques et aux opérations manuelles des hommes qu'aux œuvres morales ou immorales, et surtout à l'œuvre de la Providence envers les bons et les méchants ; d'où résultèrent les observations suivantes ;
il est un temps où l'homme domine sur l'homme pour son malheur - ou « l'homme domine sur les hommes » ; car cela ne doit pas s'entendre du gouvernement privé des familles - du parent sur ses enfants ou du maître sur son serviteur -, mais d'un roi sur ses sujets, lequel est l'homme, le premier homme du royaume ; et un tel homme, régnant d'une manière arbitraire et tyrannique, le fait, à l'issue, à son propre détriment : ainsi Roboam, par son gouvernement oppressif, perdit dix tribus sur douze ; d'autres ont perdu leur royaume entier et fini par une mort prématurée - outre la ruine de leurs âmes immortelles. Certains traduisent « pour son malheur » du côté des gouvernés : au malheur de ceux qui sont gouvernés, quand ce devrait être pour leur bien, la protection de leurs personnes et de leurs biens ; au lieu de quoi ces princes leur imposent de lourds fardeaux, leur ravissent leurs biens, et outragent et maltraitent leurs personnes ; ainsi le Targum :
« pour lui faire du mal. »
Mais Jarchi l'interprète du roi lui-même ; et certains le prennent aux deux sens - et c'est en effet ce qui arrive d'ordinaire : les princes méchants règnent pour leur propre malheur, et pour celui de leurs sujets.