Et j'ai trouvé plus amère que la mort la femme, etc. Telle fut l'issue de ses studieuses recherches et des observations qu'il avait faites ; c'est ce qu'il trouva par une triste et douloureuse expérience, et qu'il choisit de relever particulièrement - non seulement pour exposer cette vanité parmi les autres et en détourner les hommes (l'amour des femmes, qui au mieux est un doux-amer, comme l'appelle le poète - quoiqu'il s'agisse ici de l'amour adultère), mais pour saisir cette occasion d'exprimer sa sincère repentance de cette folie de sa vie, dont rien ne lui avait été plus amer dans le retour qu'il fit sur elle. La mort est chose amère et terrible à la nature (1 Samuel 15:32) ; mais être pris aux filets d'une femme adultère est pire encore : cela apporte non seulement au corps des maladies douloureuses autant que honteuses, mais à la conscience réveillée des horreurs intolérables, et expose à la mort éternelle (voir Proverbes 5:3,4). Par « la femme », il ne faut entendre ni le sexe en général - Salomon était fort loin de vouloir le flétrir et l'outrager -, ni aucune femme en particulier, pas même Ève, la première femme, par qui le péché et la mort entrèrent au monde ; mais la femme adultère (voir Proverbes 5:4). Certains l'interprètent du péché originel, de la corruption de la nature, de la mauvaise concupiscence, qui entraîne les hommes au péché et les y retient, et dont la conséquence est la mort éternelle ; ceux qui trouvent grâce aux yeux de Dieu en sont délivrés quant à sa puissance et à sa domination, mais les pécheurs obstinés et impénitents y demeurent asservis et périssent éternellement. Jarchi entend par la femme l'hérésie ; et de même Jérôme et d'autres l'interprètent des hérétiques et des idolâtres ; on peut fort bien l'appliquer à cette Jézabel, la prostituée de Rome, la mère des impudiques, qui séduit les hommes et les entraîne avec elle dans la perdition (Apocalypse 17:4,5,8 ; 18:23), et qui est désignée par la courtisane, la femme folle et étrangère, dans le livre des Proverbes, comme il a été observé ;
dont le cœur est pièges et filets, et dont les mains sont des liens - tous les stratagèmes et artifices d'une courtisane tendent à prendre les hommes par ses regards provocants et ses gestes lascifs, semblables aux pièges tendus aux bêtes et aux filets déployés pour les poissons ; et quand elle les tient, elle les tient ferme : c'est chose fort difficile, et fort rare, que d'échapper jamais à ses mains ; ainsi Plaute fait mention des filets des courtisanes. La même chose est vraie de l'erreur et de l'hérésie, et de l'idolâtrie, qui est un adultère spirituel ; les mots au pluriel montrent les nombreuses voies qu'a la femme adultère pour prendre les hommes, et la multitude de ceux qu'elle prend (voir Apocalypse 13:3,10,14) ;
celui qui est agréable à Dieu lui échappera - ou « celui qui est bon devant Dieu », ou « à ses yeux » (voir le commentaire sur Ecclésiaste 2:26) : celui à qui il donne sa grâce et qui lui est agréable - tel Joseph - échappera aux pièges et aux filets, aux mains et aux liens d'une telle femme ; ou, s'il y est tombé, comme tomba Salomon, il en sera retiré, comme l'observent divers interprètes. Rien que la grâce de Dieu, la vraie crainte de Dieu, la puissance de la piété et de la religion sans tache, ne peut préserver une personne d'être prise et retenue par une femme impure ; ni une éducation libérale ou religieuse, ni le savoir et le bon sens, ni rien d'autre ; et si un homme est gardé des mains de telles créatures, il doit le tenir pour une grâce, et l'attribuer à la faveur et à la bonté de Dieu ;
mais le pécheur sera pris par elle - le pécheur endurci et impénitent, dénué de la grâce et de la crainte de Dieu ; qui est pécheur par habitude et s'adonne à commettre l'iniquité ; dont la vie est une suite continue de péchés ; qui ne veille point sur lui-même, mais se précipite dans le péché comme le cheval dans la bataille : il devient une proie facile pour la courtisane ; il tombe dans ses pièges, et y est pris et retenu (voir Proverbes 22:14).