Si tu vois dans une province l'oppression du pauvre et la violente perversion du droit et de la justice, etc. Spectacle fort déplaisant, mais fréquent : les pauvres opprimés, le droit et la justice pervertis, et cela d'une manière violente et flagrante, en pleine cour de justice, dans les diverses provinces et les divers royaumes du monde ;
ne t'étonne pas de la chose - comme d'une chose étrange et rare, quand rien n'est plus commun. Ou : « ne t'étonne pas de la volonté », ou « du bon plaisir » - de Dieu, s'entend, qui souffre que ces choses soient ; ainsi l'interprètent le Targum, Jarchi et Aben Ezra : ne t'en scandalise pas, et ne mets pas en cause la sagesse et la justice de Dieu ; que cette tentation ne prévale pas en toi, comme elle l'a fait chez certains hommes de bien, tentés par là de penser qu'il n'y a rien dans la religion, ni nulle providence qui veille aux affaires de ce monde ; ne te laisse ni effrayer, ni ébranler, ni précipiter dans une telle pensée ; et ne t'afflige pas sans mesure des calamités et des oppressions des pauvres et des innocents ;
car celui qui est plus haut que les plus hauts y prend garde - c'est-à-dire Dieu, le Très-Haut sur toute la terre, plus haut que les rois de la terre et que tous les oppresseurs hautains et superbes - plus haut, en vérité, que les cieux et que les anges qui s'y trouvent. Il « prend garde » à tout son peuple : ses yeux sont sur eux et ne s'en retirent jamais ; il prend garde à leurs cris, les entend et y répond ; il prend garde à leurs oppresseurs et à leurs oppressions, et les délivrera en son temps ; ou bien il « garde » son peuple comme la prunelle de son œil, dans le creux de sa main, nuit et jour, de peur qu'on ne lui nuise ; il le garde par sa puissance, par la foi, pour le salut. On peut traduire : « le Haut observe d'en haut » - Dieu, le Très-Haut et le Sublime, abaisse ses regards des hauts cieux où il habite, prend connaissance de tous les fils des hommes et considère toutes leurs œuvres (voir Psaume 33:13-15) ;
et il en est de plus hauts qu'eux - soit les saints anges, plus hauts que les oppresseurs tyranniques - plus hauts par nature, et excellant en force et en puissance ; lesquels sont du côté des opprimés, ont la charge des saints et campent autour d'eux, et peuvent, sur un seul ordre, détruire leurs ennemis en un instant ; soit plutôt les trois Personnes divines, désignées par l'expression plurielle : le Père, le Fils et l'Esprit. Jéhovah le Père est au-dessus des hommes, des plus grands des hommes, dans les choses mêmes où ils s'élèvent avec orgueil : il est plus grand que tous, et nul ne peut ravir ses brebis de ses mains pour les déchirer ; le Christ, le Fils du Très-Haut, est plus haut que les rois de la terre : il est Roi des rois et Seigneur des seigneurs, et puissant pour délivrer et sauver son peuple ; et le Saint-Esprit est la puissance du Très-Haut, et plus grand que celui ou ceux qui sont dans le monde, ennemis déclarés des saints. Aben Ezra l'interprète du secret du nom de Dieu, qu'il dit inexplicable ; le Midrash l'entend du Saint béni soit-il ; et dans un autre traité, il est dit sur ce passage qu'il y a trois supérieurs au-dessus d'eux par voie d'émanation, et que c'est d'eux qu'il est dit : « il en est de plus hauts qu'eux ».