Et plus heureux que les uns et les autres celui qui n'a pas encore été, etc. C'est-à-dire la personne qui n'est pas née, préférée à la fois aux morts qui ont vu l'oppression, et aux vivants qui la subissent (voir Job 3:10-16 ; 10:18,19). Cela suppose une personne qui n'a jamais été, un pur néant ; et le jugement porté l'est selon le sens, et regarde les morts purement comme tels, c'est-à-dire comme affranchis des maux et des douleurs, sans nul égard à leur état et condition futurs ; car autrement, une personne non née n'est pas plus heureuse que les morts qui meurent en Christ et vivent avec lui ; et cela ne peut être vrai que de ceux qui périssent, desquels on peut dire en effet qu'il eût mieux valu pour eux n'être jamais nés, selon les paroles du Christ (Matthieu 26:24) - sentence opposée à la maxime de certains philosophes, qu'un être misérable vaut mieux que point d'être du tout. Les Juifs s'efforcent de prouver par ce passage la préexistence des âmes humaines, et supposent qu'il s'agit ici d'une âme créée, mais non encore envoyée dans le monde en un corps, et qui n'a donc jamais vu le mal ni la douleur ; et quelques écrivains chrétiens ont suivi cette voie. On l'a interprété aussi du Messie, qui au temps de Salomon n'était pas encore homme et n'avait jamais connu la douleur - qu'il devait connaître, et connut en effet - et qui était ainsi plus heureux que les morts et les vivants. Mais ce sont là des sens qui ne tiennent pas ; le premier est le meilleur, et le dessein est de montrer la grande infélicité des mortels, puisqu'un pur néant leur est préféré ;
celui qui n'a pas vu l'œuvre mauvaise qui se fait sous le soleil - les œuvres mauvaises des oppresseurs, et les douleurs des opprimés.