Et si quelqu'un prévaut contre l'un, les deux lui résisteront, etc. Si un ennemi, un voleur ou un brigand attaque l'un de ceux qui vivent en amitié et en société, et se trouve plus fort que lui, les deux réunis pourront lui résister, en sorte qu'il ne réussira pas dans son entreprise et ne fera pas le mal qu'il méditait (voir 2 Samuel 10:11). Ainsi, quand Satan attaque un croyant isolé - ce qu'il choisit de faire quand celui-ci est seul, comme il tenta Ève dans le jardin et le Christ au désert -, si un ou plusieurs frères chrétiens en ont connaissance, ils peuvent secourir leur ami tenté par leurs avis et leurs conseils, n'ignorant pas les artifices de Satan, et en luttant ensemble dans leurs prières à Dieu pour lui. De même, quand les faux docteurs font leurs efforts - s'attaquant d'ordinaire, à la manière de Satan, au sexe le plus faible, et quand il est seul, où ils ne réussissent que trop -, si les saints demeurent fermes dans un même esprit et combattent ensemble pour la foi de l'Évangile, ils tiennent bon, résistent à l'ennemi et maintiennent la vérité ;
et la corde à trois brins ne se rompt pas vite - ou « en hâte » ; comme deux valent mieux qu'un, ainsi trois ou davantage unis ensemble valent mieux encore : ils peuvent faire tête à un ennemi et le vaincre - « vis unita fortior est ». Si une famille, une communauté, une ville ou un royaume sont divisés contre eux-mêmes, ils ne peuvent subsister ; unis, selon toute vraisemblance, rien ne peut leur nuire. Cette doctrine est enseignée dans la fable du faisceau de bâtons que le vieillard donna à ses fils à rompre : liés ensemble, la chose ne se pouvait ; déliés et pris un à un, ils se cassaient aisément - leur enseignant par là l'union entre eux comme leur plus sûre garantie contre l'ennemi commun. La même instruction est donnée par cette corde à trois brins : tant qu'elle demeure tordue ensemble, elle ne se rompt pas aisément ; mais si les fils sont détordus et déliés, ils se cassent bientôt. Ainsi des personnes en communion religieuse, qu'elles soient plus ou moins nombreuses : tant qu'elles gardent l'unité de l'Esprit par le lien de la paix, elles sont redoutables comme une armée sous ses bannières, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elles. Et si cela est vrai de l'amour et des affections unis des saints, combien plus de l'amour du Père, du Fils et de l'Esprit - cette corde à trois brins par laquelle les saints sont attirés et tenus, et dont on peut dire non seulement qu'elle ne se rompt pas vite, mais qu'elle ne peut se rompre du tout ; en sorte que ceux qu'elle retient sont dans la plus entière sûreté. Certains l'appliquent aux trois grâces principales - la foi, l'espérance et l'amour -, grâces qui demeurent, et qui, si faibles et si languissantes que soient parfois leurs actes et leur exercice, ne peuvent jamais se perdre.