Car ce qui arrive aux fils des hommes arrive aux bêtes, etc. Aben Ezra dit que ce verset exprime les pensées des enfants des hommes qui ne sont pas sages ; mais c'est plutôt le sage qui parle ici selon ses propres pensées, et poursuit la preuve de la ressemblance et de l'égalité des hommes et des bêtes ;
un même sort les atteint - les mêmes événements appartiennent aux uns comme aux autres : les mêmes maladies et les mêmes désastres, les mêmes calamités et les mêmes détresses ; le déluge de Noé emporta les uns comme les autres, et tous y périrent ; plusieurs des plaies d'Égypte furent infligées aux deux ; et les deux sont redevables à Dieu de leur santé, de leur préservation et de leur sûreté (voir Genèse 7:21 ; Exode 8:18 ; 9:9,25 ; Psaume 36:6) ;
comme meurt l'un, ainsi meurt l'autre - le Targum compare, dans la première proposition, le méchant et la bête impure, et paraphrase celle-ci de la sorte :
« comme meurt la bête impure, ainsi meurt celui qui ne s'est pas tourné vers la repentance avant sa mort ; »
il meurt impur dans ses péchés, stupide, insensible, pas plus soucieux de son état futur et de ce que deviendra son âme précieuse et immortelle qu'une bête qui n'en a point (voir Psaume 49:14). Peut-être les juges injustes et les tyrans persécuteurs sont-ils particulièrement visés, qui, tout princes qu'ils sont, mourront non seulement comme des hommes, mais comme des bêtes (Psaume 82:7) ;
oui, ils ont tous un même souffle - le même souffle vital, le même souffle de vie, qui est dans les narines de l'un comme de l'autre ; ils respirent et aspirent le même air, possèdent la même vie animale et végétative, et sont également exposés à la perdre (Genèse 2:7 ; 7:22) ;
en sorte que l'homme n'a point de prééminence sur la bête - il a la raison et la parole, que la bête n'a pas, et qui lui donneraient la préférence sur elle s'il en faisait un droit usage ; mais, en tant qu'animal, il n'a nulle prééminence, étant sujet aux mêmes accidents, et à la mort même. Le Targum excepte la maison du sépulcre, l'homme étant d'ordinaire enseveli quand il meurt, et la bête non ; et même, en certaines choses, la bête a la prééminence sur l'homme - quelques-unes du moins : en force, en agilité, en vivacité des sens, etc. ;
car tout est vanité - toutes les satisfactions des sens, toutes les richesses, les honneurs, les plaisirs, la puissance et l'autorité, surtout quand on en abuse.