Malheur à toi, pays dont le roi est un enfant, etc. Non pas tant par l'âge - quoique ce soit parfois un malheur pour une nation d'être gouvernée par un mineur, surtout si le jeune roi n'a pas autour de lui de bons précepteurs, tuteurs, ministres et conseillers ; car autrement, une nation peut être fort heureuse sous une minorité ou sous le gouvernement d'un jeune prince : tels furent Salomon, Joas, Ozias, Josias, et notre Édouard VI ; mais il s'agit plutôt d'un enfant en entendement et en jugement, en mœurs et en conduite : qui s'occupe de ses plaisirs comme les enfants de leurs jeux ; volage et changeant, emporté et entêté, inhabile au gouvernement, et qui pourtant ne veut recevoir nul conseil. Le Targum applique ceci au pays d'Israël, et donne l'exemple de l'impie Jéroboam, qui fit cesser le sacrifice du matin (voir Ésaïe 3:12). Après avoir considéré les mauvais effets de la folie chez les hommes en général, chez les particuliers et chez les sujets, le sage passe à ses fâcheuses conséquences pour une nation, chez les rois et les princes, chez les magistrats civils ; Jérôme, ou Bède, l'interprète allégoriquement : malheur au pays dont le roi est le diable, toujours avide de nouveautés (2 Corinthiens 4:4) ;
et dont les princes mangent dès le matin - sitôt levés, comme des enfants ; et non seulement mangent - ce qui peut être commode et licite -, mais mangent avec excès, d'une manière dissolue et intempérante, se rendant ainsi impropres à tout service pour la journée ; le « matin » est nommé en particulier parce que c'est le temps le plus propre aux délibérations sur les affaires du gouvernement, le temps ordinaire des audiences et des jugements (Jérémie 21:12), comme aussi des actes de religion et de dévotion. Ainsi le Targum :
« et tes princes mangent le pain avant d'offrir le sacrifice perpétuel du matin. »
Triste est le cas d'une nation quand non seulement son roi est mineur ou insensé, mais quand ses tuteurs et gouverneurs, ses ministres d'État et ses conseillers, s'adonnent aux plaisirs des sens et négligent les affaires publiques ; et, au lieu d'être au conseil, au tribunal ou à leurs dévotions matinales, se vautrent dans le manger et le boire.