Extrême affliction.
Ce psaume a ceci de particulier, que l'on y chercherait vainement le vestige d'une espérance. Aucun rayon ne brille dans cette page sombre, si ce n'est pourtant le nom donné à Dieu dans l'invocation du commencement : Dieu de mon salut !
Après cette invocation (versets 2 à 3), le psalmiste se plaint d'être déjà dans un état d'impuissance semblable à celui des ombres, dans le Schéol, et cela par suite des maux dont Dieu l'a accablé (versets 1 à 10). Puis il s'étonne que l'Eternel semble vouloir le jeter dans le séjour où l'on ne peut plus le louer, tandis que, sur la terre, l'homme peut du moins le prier (versets 11 à 14). Le psaume se termine par une nouvelle complainte particulièrement triste et désespérée (versets 15 à 19).
Ce psaume où ne s'exprime du reste nulle part le sentiment d'une culpabilité, rappelle le livre de Job, non seulement par son contenu, mais par les images et les termes dont il se sert. La suscription l'attribue à Héman, l'Ezrachite, un des sages de la cour de Salomon. Si le livre de Job date de cette même époque (voir les Hagiographes), on peut supposer que notre psaume a eu pour point de départ les circonstances, inconnues de nous, qui donnèrent lieu à la composition du grand poème de la souffrance (F. Godet, Etudes bibliques, Ancien Testament).
Suscription.
Sur un mode triste : voir Psaumes 53.1, note.
Pour des temps d'accablement. L'expression hébraïque est obscure ; Calvin traduit : pour humilier ; Delitzsch : à chanter d'une voix contenue ; d'autres, donnant au mot une étymologie différente : pour répons ; mais le psaume ne se prête pas à des chants de churs s'entre-répondant.
Héman, l'Esrachite : descendant de Zérach, fils de Juda. Ce qualificatif semble en contradiction avec le fait que Héman était Lévite, de la branche de Koré (1Chroniques 6.33). Mais les Lévites portaient parfois le nom de la tribu ou de la branche de tribu dans le territoire de laquelle ils demeuraient. Voir 1Rois 4.31, note.