Quand tu fais un vœu à Dieu, etc. Ou « si tu fais un vœu », comme la Vulgate latine ; car les vœux sont choses libres et indifférentes, que l'on peut faire ou non : il n'en est nul précepte dans la parole de Dieu ; on y trouve des cas et des exemples, et ils peuvent se faire licitement, quand il est au pouvoir de l'homme de les accomplir, et qu'ils ne contredisent ni la volonté ni la parole de Dieu ; des hommes de bien en ont fait, et ils furent fréquents aux temps anciens ; mais ils paraissent peu conformes à l'économie évangélique, tendant à enlacer l'esprit, à empêtrer les hommes et à leur imposer un esprit de servitude, contraire à la liberté par laquelle le Christ les a affranchis - et il vaut donc mieux s'en abstenir : les saintes résolutions de faire la volonté et l'œuvre de Dieu doivent se prendre dans la force de la grâce divine ; mais vouer telle ou telle chose à laquelle on n'était pas tenu avant le vœu - mieux vaut y renoncer. Toutefois, quand un vœu licite a été fait :
ne tarde pas à l'accomplir - envers Dieu, à qui il a été fait, qui l'attend, et promptement, comme Anne acquitta le sien ; nulles excuses, nuls délais ;
car il ne prend point plaisir aux insensés - c'est-à-dire que le Seigneur n'y prend point plaisir ; il ne se laisse pas moquer par eux ; il tiendra pour offense un tel traitement - vouer et ne pas payer, ou différer le paiement et ruser avec lui. Ainsi le Targum :
« car le Seigneur ne prend point plaisir aux insensés, parce qu'ils diffèrent leurs vœux et ne les acquittent pas ; »
accomplis ce que tu as voué - exactement et ponctuellement, quant à la matière, à la manière et au temps.