Mieux vaut une main pleine avec le repos, etc. Ce sont là, selon Aben Ezra, les paroles de l'insensé - sens que retiennent d'autres interprètes, et particulièrement M. Broughton, qui rattache ce verset à Ecclésiaste 4:5 en ajoutant à la fin de celui-ci le mot « disant » : l'insensé s'excuse et plaide pour lui-même et sa conduite, alléguant l'utilité et le profit de sa paresse - que le peu obtenu à l'aise, sans peine ni labeur, vaut bien mieux
que les deux mains pleines avec le travail et le rongement d'esprit - que de grandes possessions acquises avec beaucoup de peine et possédées avec beaucoup de tourment et d'inquiétude ; en quoi il prend l'aise paresseuse pour le vrai repos, appelle le travail et l'industrie honnêtes peine et tourment, et suppose que le vrai contentement réside dans la jouissance du peu et ne peut se trouver là où il y a beaucoup - alors qu'il se trouve chez l'homme de bien en tout état. Ou bien ces paroles expriment le sentiment véritable de Salomon, tenant le milieu entre les deux extrêmes de la paresse et du labeur excessif pour s'enrichir : qu'il est bien préférable d'avoir une suffisance, si modeste soit-elle, avec une bonne conscience, avec la tranquillité de l'esprit, avec l'amour et la crainte de Dieu et un cœur content, que de posséder un grand bien avec beaucoup de peine et de fatigue à l'acquérir et à le garder, et surtout avec du mécontentement et de l'inquiétude ; ce qui s'accorde avec ce que le sage dit ailleurs (Proverbes 15:16,17 ; 17:1). Le Targum porte :
« mieux vaut à l'homme une poignée de nourriture avec le repos de l'âme, et sans vol ni rapine, que deux poignées de nourriture avec vol et rapine ; »
ou avec ce qui est acquis par de mauvaises voies.