1 *Je vis le Seigneur se tenant debout sur l’autel, et il dit : Frappe le linteau, afin que les seuils soient ébranlés, et brise-leur la tête à tous ; et ce qui restera d’euxa 1a ou : leur postérité. , je le tuerai par l’épée. Celui d’entre eux qui s’enfuira, ne se sauvera pas par la fuite, et celui d’entre eux qui échappera, ne sera pas délivré. 2 Quand ils pénétreraient jusque dans le shéol, de là ma main les prendra ; et quand ils monteraient dans les cieux, je les en ferai descendre ; 3 et quand ils se cacheraient au sommet du Carmel, je les y chercherai, et de là je les prendrai ; et quand ils se seraient cachés de devant mes yeux, au fond de la mer, là je commanderai au serpent, et il les mordra ; 4 et quand ils iraient en captivité devant leurs ennemis, là, je commanderai à l’épée, et elle les tuera ; et je mettrai mes yeux sur eux pour le mal et non pour le bien. 5 Et le Seigneur, l’Éternel des armées, c’est lui qui touche le pays, et il fond ; et tous ceux qui y habitent mèneront deuil ; et il montera tout entier comme le Nil, et il s’abaissera comme le fleuveb 5b ou : le Nil. d’Égypte. 6 C’est lui qui bâtit dans les cieux ses degrésc 6c ou : chambres hautes. , et qui a fondé sa voûte sur la terre ; qui appelle les eaux de la mer, et les verse sur la face de la terre ; l’Éternel est son nom.
v. 1 · Bible annotée · 18/10/2026
La dernière menace et la promesse finale.
1 à 10 Chute du royaume coupable.
1 à 4 Dernière vision. Cette vision annonce la chute du temple de Béthel qui entraînera la ruine du culte du veau d'or et la destruction de ses sectateurs. Comparez 3.14.
Frappe... Le Seigneur, debout près de l'autel principal, donne cet ordre soit à Amos, soit plutôt à l'un des anges qui l'accompagnent. Le coup doit porter sur les chapiteaux des colonnes qui s'élèvent sur le seuil ou mieux qui appartiennent au porche du temple, en faisant crouler celui-ci sur la tête des adorateurs qui se pressent à l'entrée du sanctuaire.
Ce qui restera : ceux qui ne seront pas atteints par l'écroulement de l'édifice.
Il ne s'en sauvera pas un... Les expressions qui s'accumulent ici jusqu'au verset 4 avec une si puissante énergie, donnent l'idée de cette fureur de destruction qui s'allume chez le Dieu jaloux, quand les pécheurs, à force de fouler aux pieds ses ordres, ont fini par épuiser sa patience.
v. 2 · Bible annotée · 18/10/2026
Les enfers et la mer représentent les lieux les plus profonds et ont pour pendants les cieux et le Carmel, représentant ce qu'il y a de plus élevé soit en général dans l'univers, soit plus spécialement sur la terre ; comparez Psaumes 139.7-10. Même idée, sous d'autres images, versets 18 et 19.
v. 3 · Bible annotée · 18/10/2026
Le serpent de mer : monstre marin imaginaire, dont la superstition populaire avait fait un objet de terreur.
S'ils s'en vont en captivité : Ayant échappé à la destruction et aux massacres ordonnés par le vainqueur, ils se croient sûrs de leur vie. Vaine illusion ! L'épée les atteindra ; car, si Dieu a eu surtout en vue jusqu'ici leur prospérité, il n'a plus d'autre pensée maintenant que leur destruction (il n'en échappera pas un verset 1).
v. 5 · Bible annotée · 18/10/2026
La toute-puissance de Dieu garantit la certitude de ce jugement.
Qui touche... L'Eternel, accomplissant son jugement, est comparé au feu et la terre à la cire. Comparez Psaumes 97.5 ; 68.3 ; Esaïe 64.2. La fin du verset est la reproduction du passage 8.8 (voir là la note).
v. 6 · Bible annotée · 18/10/2026
Ses degrés. Comme il est souvent parlé des cieux (1Rois 8.27 ; Psaumes 68.34 ; Néhémie 9.6) et qu'il est dit Psaumes 8.2 que Dieu établit sa majesté au-dessus des cieux, ces degrés sont probablement cette série de cieux par lesquels on s'élève jusqu'au trône de sa puissance ; comparez 2Corinthiens 12.2.
Sa voûte. Le ciel inférieur que nous voyons ici représenté comme une voûte solide (firmament), appuyée sur le disque où sont les demeures célestes.
C'est lui qui appelle les eaux. De même qu'il a établi l'ordre de la création (verset 6), que de la terre, au-dessus de laquelle il peut aussi le bouleverser, en ramenant, comme dans le déluge, les eaux sur la terre, ainsi, après avoir appelé le peuple élu, il peut le détruire.
L'Eternel est son nom : il demeure toujours immuable dans ses dispensations les plus diverses.
7 N’êtes-vous pas pour moi comme les fils des Éthiopiensd 7d héb. : Cushites. , ô fils d’Israël ? dit l’Éternel . N’ai-je pas fait monter Israël du pays d’Égypte, et les Philistins de Caphtor, et les Syriens de Kir ? 8 Voici, les yeux du Seigneur, l’Éternel , sont sur le royaume pécheur, et je le détruirai de dessus la face de la terre ; seulement je ne détruirai pas entièrement la maison de Jacob, dit l’Éternel . 9 Car voici, je commande, et je secouerai la maison d’Israël parmi toutes les nations, comme on secoue dans un crible, mais pas un grain ne tombera à terre. 10 C’est par l’épée que mourront tous les pécheurs de mon peuple, qui disent : Le mal ne nous atteindra pas, et ne viendra pas jusqu’à nous.
v. 7 · Bible annotée · 18/10/2026
7 à 10 renouent avec le verset 4. C'est la continuation du même jugement.
N'êtes-vous pas.... des Cuschites ? La conduite coupable d'Israël l'a fait déchoir de sa position privilégiée ; il n'a pas plus de prix aux yeux de Dieu que les fils des Cuschites. Ce peuple descendait de Cham et habitait l'Ethiopie ; les Egyptiens avaient la même origine (Genèse 10.6). Si les Israélites s'appuient sur le fait que Dieu, en les faisant sortir d'Egypte à main forte et à bras étendu, leur a prouvé qu'ils étaient son peuple de prédilection, ils oublient que Dieu en a agi de même envers les Philistins qu'il a fait venir de Caphtor, et envers les Syriens qu'il a fait, monter de Kir.
Caphtor, la Crète ; voir Jérémie 47.4, note.
Kir, voir 1.5, note. La pensée fondamentale est celle qui reparaît si souvent chez les prophètes : dès qu'Israël est infidèle, il retombe aux yeux de Dieu au niveau des autres peuples.
v. 8 · Bible annotée · 18/10/2026
Comparez la fin du verset 4.
Le royaume pécheur : celui des dix tribus.
Je le détruirai : voir versets 1 à 4. Cette menace est immédiatement atténuée par une promesse, comme si, en la prononçant de nouveau, Dieu se sentait pris de pitié. Le peuple sera détruit comme nation ; mais, par amour pour Jacob, Dieu en laissera subsister un reste. On a supposé que ce reste pouvait être le royaume de Juda ; mais il faut y voir les membres pieux des deux royaumes, au moyen desquels Dieu reconstituera son peuple, après le jugement de la captivité qui les atteindra tous deux.
v. 9 · Bible annotée · 18/10/2026
Car je vais... Explication de la manière dont Dieu accomplira et la menace et la promesse qu'il vient de faire.
Donner un ordre... : au roi d'Assyrie, qui dispersera le peuple des dix tribus dans les provinces de son empire, comme on secoue le blé dans un crible.
Le bon grain : la partie fidèle que Dieu se réserve au milieu de ce jugement.
v. 10 · Bible annotée · 18/10/2026
Les pécheurs de mon peuple : ceux qui, tout en péchant, ont la prétention de rester impunis, parce qu'ils sont le peuple de Dieu. Les pécheurs, pour être de son peuple, ne sont pas son peuple.
11 En ce jour-là, je relèverai le tabernacle de David, qui est tombé, et je fermerai ses brèches, et je relèverai ses ruines, et je le bâtirai comme aux jours d’autrefois, 12 afin qu’ils possèdent le reste d’Édom, et toutes les nations sur lesquelles mon nom est réclamé, dit l’Éternel qui fait cela.
v. 11 · Bible annotée · 18/10/2026
11 à 15 Promesse d'un futur et magnifique relèvement. L'exil ayant porté ses fruits, le trône de David sera relevé (11 et 12), et le pays richement béni (13 à 15).
11 et 12 Ces versets se rattachent à la promesse du verset 8, mais il y a progrès de l'un aux autres ; là, Dieu disait : Je ne détruirai pas entièrement ; ici, il dit : Je relèverai.
En ce jour-là, date indéterminée : quand le jugement de Dieu aura produit tous ses effets.
La hutte de David. L'image d'une simple hutte contraste avec l'idée des palais magnifiques que David et Salomon avaient bâtis pour eux et leurs successeurs. Elle dépeint l'état de faiblesse et de décadence auquel était déjà réduite la puissance de Juda. Par les mots suivants : qui est tombée, ses brèches, ses ruines, le prophète semble même indiquer qu'il la voit en esprit plus complètement abattue encore qu'elle ne l'est maintenant. Les savants juifs l'ont si bien compris dans ce sens qu'ils ont tiré de ce passage une de leurs dénominations du Messie : Bar-Nafeli (fils de la décadence).
Je relèverai... je rebâtirai. Le prophète ne nomme pas celui par qui ce relèvement aura lieu. C'est le fait, non l'agent, qui le préoccupe. Dans la complainte d'Israël (5.2), il disait : Nul ne la relève ; ici, il dit : Je relèverai.
Telle qu'aux jours d'autrefois : comme sous le règne glorieux de David et de Salomon. La promesse est faite à la famille de David seule, parce qu'elle est la seule légitime et que le royaume des dix tribus reviendra sous son sceptre ; les deux frères, longtemps séparés, seront unis pour toujours. Comparez Osée 1.11 ; 3.5 ; Ezéchiel 27.22.
v. 12 · Bible annotée · 18/10/2026
Le reste d'Edom. Amos ayant annoncé la ruine d'Edom, 1.12, ce n'est que sur un reste de ce peuple que la famille de David restaurée pourra régner, Edom est seul nommé d'entre les païens, parce qu'après avoir été soumis à Juda, il s'était montré son ennemi le plus acharné (Joël 3.19 ; Abdias 1.19,21).
Toutes les nations sur lesquelles... On a appliqué ces mots uniquement aux peuples voisins de Juda qui, à des époques plus anciennes, avaient été soumis à Israël, comme peuple de Dieu. Mais comment cette dépendance purement politique suffirait-elle pour motiver cette expression : le nom de Dieu invoqué sur elles ? Amos a évidemment en vue le passage de Joël 2.32, parallèle qui ne permet point ce sens tout extérieur. Il s'agit des nations païennes en général, qui, après avoir reçu l'appel de l'Eternel, invoquent sur elles et sur leurs descendants le nom de Jéhova. ; comparez Actes 15.16-17. Incorporées désormais avec les restes d'Edom au royaume de Dieu, elles forment une nouvelle théocratie dont Israël est le centre. Pour l'expression : le nom invoqué sur..., comparez Jacques 2.7.
Ces versets 11 et 12 sont cités par Jacques, Actes 15.16-17, dans le concile de Jérusalem, comme parole des prophètes. La citation apostolique diffère notablement du texte des Septante, qui lui-même s'écarte déjà sensiblement du texte hébreu c'est-à-dire qu'il y a une grande divergence entre le texte d'Amos et la citation de Jacques. La pensée fondamentale reste néanmoins la même sous cette différence de formes. Jacques trouve avec raison dans la parole d'Amos (qu'il ne cite que comme un exemple, entre beaucoup d'autres déclarations prophétiques semblables) l'annonce de l'entrée des païens dans l'Eglise par le seul fait de l'adoration du nom de Jéhova.
13 Voici, les jours viennent, dit l’Éternel , où celui qui laboure atteindra celui qui moissonne, et celui qui foule les raisins, celui qui répand la semence ; et les montagnes ruisselleront de moût, et toutes les collines se fondront. 14 Et je rétablirai les captifse 14e litt. : je tournerai la captivité ; mettant fin à celle-ci pour amener la restauration du peuple ; et comp. à la note de Psaume 14:7 . de mon peuple Israël, et ils bâtiront les villes dévastées et y habiteront, et ils planteront des vignes et en boiront le vin, et ils feront des jardins et en mangeront le fruit. 15 Et je les planterai sur leur terre, et ils ne seront plus arrachés de dessus leur terre que je leur ai donnée, dit l’Éternel , ton Dieu .
v. 13 · Bible annotée · 18/10/2026
13 à 15 Bénédictions temporelles. Le prophète fait en quelques lignes le tableau d'une prospérité qui n'a pas encore été réalisée sur la terre et qui suppose le retrait de la malédiction qui pesait sur elle depuis la chute. La nature elle-même est transformée. Comparez la fin de Joël et Romains 8.20-21.
Le laboureur joindra... La semence n'aura pas plus tôt été répandue dans le sillon, qu'elle réapparaîtra comme moisson ; comparez le même phénomène, signalé par Jésus (Jean 4.35) dans l'ordre spirituel.
Celui qui foule les raisins... La vendange, qui se fait en Palestine dès le commencement de septembre, se prolongera, tant l'abondance sera grande, jusqu'au commencement de novembre où ont lieu les semailles.
Se fondront : seront comme changées en ruisseaux de vin et de lait. Voir sur ces images Joël 3.18, note.
v. 14 · Bible annotée · 18/10/2026
De la captivité. Il avait été fait mention déjà dans Joël et dans Amos lui-même (1.6,9) des captifs israélites emmenés par les peuples voisins et vendus bien loin à l'étranger. Ici, le prophète va plus loin encore ; il parle, de même qu'au verset 9, du peuple dans son ensemble, comme dispersé d'abord en captivité, puis rentrant en masse dans son pays. Sur ce retour, comparez Joël 3.7, note, et la conclusion d'Ezéchiel.
Conclusion
L'horizon historique d'Amos est à peu près le même que celui de Joël, qui ne vivait qu'une cinquantaine d'années environ avant lui. Pas plus chez l'un que chez l'autre, il n'est encore parlé expressément des grands Etats orientaux, ceux des Assyriens et des Babyloniens. Ce sont les petits peuples voisins, surtout les Edomites et avec eux les Philistins, qui occupent le devant de la scène (Joël 3.4,19 ; Amos 9.12 ; comparez 1.6-8,11-12). Cependant, de même que le terme Tséphoni, le septentrional, pourrait renfermer déjà chez Joël une allusion à une grande puissance venant du nord-est, nous trouvons dans la menace d'Amos d'une captivité du peuple au-delà de Damas un indice plus distinct, quoique vague encore, de l'ennemi qui déjà surgit de ce même côté.
L'horizon moral diffère davantage, mais sans doute parce que Joël s'adresse à Juda, et Amos au royaume des dix tribus, dont la dégénérescence religieuse et morale était déjà plus avancée. Joël se borne à appeler son peuple à la repentance, en raison du fléau qui le frappe et de celui plus redoutable qui menace. Amos va plus loin. Le mal est à ses yeux déjà incurable, et la sentence de destruction ne peut plus être révoquée. Israël doit passer par la mort de la captivité. Et cela ne s'applique pas seulement aux dix tribus, mais aussi à Juda. Les deux royaumes sont condamnés à périr (2.5 ; 3.13 ; 6.1, etc.). Le temple de Béthel sera renversé, et le palais des rois de Juda en Sion, qui n'est déjà plus qu'une chaumière, croulera (3.14 ; 9.1,11).
L'avenir messianique, que contemplent ces deux hommes de Dieu, présente aussi de grandes analogies, mais non sans quelques différences. Chez tous deux, le salut du peuple est rattaché à un groupe de réchappés israélites demeurés en Sion et autour desquels se rassembleront ceux des païens qui, à la suite des jugements de Dieu, invoqueront le nom de Jéhova (Joël 2.32 ; Amos 9.11-12). Mais chez Joël, ce salut sera amené par un peuple de prophètes que créera l'effusion du Saint-Esprit ; chez Amos, par le relèvement du palais royal et de la famille de David. Il est bien évident qu'un rejeton de David présidera à cette glorieuse restauration ; mais ce personnage n'est pas spécialement désigné. La promesse messianique conserve encore chez les deux prophètes quelque chose d'impersonnel. Enfin, cette attente se revêt chez tous deux de couleurs en rapport avec celles sous lesquelles était présenté le châtiment. Chez Joël, l'image d'une pluie spirituelle (Joël 2.28) correspond au fléau de la sécheresse. Chez Amos, celle de la restauration d'un édifice (9.11) correspond de même au fléau du tremblement de terre, dont l'image reparaît à chaque instant dans cet écrit, à tel point qu'on est conduit à supposer que déjà quelque catastrophe de ce genre, antérieure à la principale dont parle le titre (1.1), avait frappé les esprits et fournissait au prophète les couleurs de ses tableaux.