Plusieurs Pères de l'Eglise, la Vulgate, et plusieurs exégètes modernes (Meyer, Wendt, Holtzmann, Blass), attribuant à ce mot une étymologie différente, le traduisent ainsi : "comme il mangeait avec eux."
Ce serait donc un repas d'adieux que Jésus aurait eu avec ses disciples. (Comparer Luc 24.41-43)
- Ici se présente une question sur laquelle les interprètes diffèrent : Luc mentionne-t-il deux réunions distinctes, la première versets 4,5, la seconde verset 6 et suivants (Meyer) ? Ou bien continue-t-il aux versets 4,5 la description générale des rapports de Jésus ressuscité avec les disciples (Wendt) ? Ou enfin commence-t-il au verset 4 le récit de la dernière réunion, récit qu'il poursuit verset 6 et suivants (Holtzmann) ?
Le contexte nous paraît décider pour cette dernière explication : nous avons ici la relation d'une seule rencontre, celle que Jésus eut avec ses disciples le jour même de son ascension (verset 9) et qui eut lieu sur le mont des Oliviers. (verset 12)
Comparer Luc 24.49. Jésus savait combien peu les disciples étaient préparés encore à entreprendre leur œuvre ; il veut donc qu'ils attendent à Jérusalem l'accomplissement de la promesse du Saint-Esprit.
Sans doute, comme le remarque Lechler, c'était un dur renoncement pour eux de rester dans cette ville ennemie où, quelques semaines auparavant, leur Maître avait souffert la mort, et où eux mêmes couraient des dangers.
Sans doute aussi, Dieu aurait pu leur envoyer le Saint-Esprit partout ailleurs qu'à Jérusalem ; mais tel était le plan de sa miséricorde éternelle que ses plus grandes grâces fussent encore répandues sur la ville coupable, que l'Evangile y fût annoncé en premier lieu, et que, de là, il se répandît dans le monde. (Comparer Esaïe 2.2,3)
- Jésus appelle promesse du Père celle qu'ils avaient si souvent entendue de lui.
Pour expliquer cette désignation, les interprètes se réfèrent aux nombreuses promesses concernant le Saint-Esprit qui se trouvent déjà dans les prophètes (2 :17) ; Baumgarten montre même dans l'effusion de l'Esprit l'accomplissement de l'ancienne alliance tout entière.
Cela est vrai, mais il suffit de remarquer que le Sauveur, en annonçant aux disciples l'envoi de l'Esprit, attribue toujours à la souveraine puissance du Père ce grand miracle qui devait régénérer le monde. (Luc 24.48 ; Jean 14.16,26 ; 15.26, comparez Actes 2.33)