Dans versets 1,2, Luc a rappelé ce qu'il a raconté dans son premier livre ; la tournure de la phrase grecque montre qu'il se proposait d'introduire ensuite son second livre ; mais la mention faite (verset 2) des derniers rapports de Jésus avec les apôtres s'empare de son esprit, et il interrompt le développement de sa pensée pour épuiser ce qu'il a à dire de ces rapports. (verset 3 et suivants) Que de choses il concentre ici en peu de mots !
1° Jésus, après avoir souffert, souffert la mort, et être ressuscité, se présenta lui-même, vivant, à tous ses disciples, et à diverses reprises.
2° Afin qu'il ne leur restât aucun doute de sa résurrection, il leur en donna beaucoup de preuves. Tel est bien le sens du terme grec qui ne se trouve qu'ici dans le Nouveau testament, mais auquel les auteurs classiques donnent cette signification. Ces preuves sont abondamment rapportées dans les évangiles. (Luc 24.30,36-43 ; Matthieu 28.16 et suivants ; Jean Jean 20 et Jean 21. Comparer 1Jean 1.1-3 ; 1Corinthiens 15.5-8)
3° Jésus leur donna ces preuves en se faisant voir à eux pendant quarante jours, depuis sa résurrection jusqu'à son ascension. C'est par cette donnée importante que Luc complète ou rectifie ce qu'il n'avait fait qu'indiquer dans son évangile. Là, (Luc 24.50) il pouvait paraître que l'ascension avait eu lieu le jour même de la résurrection ; et certains critiques s'obstinent à mettre ici l'évangéliste en contradiction avec lui même. Mais qu'on veuille bien le remarquer, il ne fait, dans son premier récit, que rapporter les deux faits, sans parler de l'intervalle qui les sépare, parce qu'il se proposait d'y revenir, mais aussi sans dire expressément que ces faits eussent eu lieu le même jour. (Voir Luc 24.49, note.)
4° Le Sauveur employa ces dernières entrevues avec ses disciples à les instruire des grandes vérités du royaume de Dieu (voir sur ce terme Matthieu 3.2, 2e note), et le verset 6 va montrer combien ils en avaient encore besoin.