La haute retraite du fidèle.
Ce psaume est comme la réponse divine à la prière que fait entendre le psaume précédent. Moïse, au désert, a vu tomber par milliers et dix milliers ceux qui l'entouraient ; tout fidèle, comme lui, vit au milieu de puissances de destruction sans cesse à l'uvre, mais il n'en trouve pas moins auprès de l'Eternel une sécurité parfaite, à la condition d'habiter en permanence dans sa retraite secrète.
Après l'affirmation du premier verset, qui résume à l'avance la pensée du psaume, nous trouvons une série de strophes, de trois versets chacune, où est développé le riche contenu de cette pensée.
Le psaume est anonyme. On a supposé, à cause des dangers qu'il énumère, qu'il datait d'un temps de guerre ou de mortalité. Il appartient de fait à toutes les époques, car en tout temps le fidèle s'avance, protégé par sa foi, au milieu d'innombrables dangers.
Celui qui habite... La traduction littérale serait :
Assis dans la retraite secrète du Très-Haut,
Il est logé à l'ombre du Tout-Puissant...
C'est là une sorte de titre, semblable à ceux que nous avons trouvés Psaumes 87.1 ; 90.1, et qui fait entendre déjà dans toute sa pureté la note du psaume. On dirait un motif musical. qui va être développé dans la suite en de riches variations.
La retraite secrète... Nous conservons l'adjectif secrète, que suppriment les nouvelles traductions, par ce que l'hébreu séther désigne un endroit ou l'on est caché à tous les regards.
A l'ombre du Tout-Puissant. Ce second stiche ne forme pas, ainsi que plusieurs l'ont cru, une vaine tautologie avec le premier. Le fidèle ne se contente pas d'être à l'abri dans une retraite secrète, même dans la plus inaccessible à l'ennemi, celle du Très-Haut : il a besoin de se tenir sous la protection personnelle du Tout-Puissant lui-même.