En marche vers le sanctuaire !
Le troisième livre des Psaumes se termine par un groupe de quatre psaumes des fils de Koré, au milieu desquels est intercalé un psaume de David (86) et que suit le cantique d'Ethan (89). Notre Psaume 84, qui ouvre cette seconde série de cantiques des Fils de Koré, se rapproche singulièrement des Psaumes 42 et 43, qui sont en tête de la première série. Comme eux, il exprime avec un accent pénétrant de vérité le soupir de l'âme après le Dieu vivant. L'auteur, ainsi que c'était le cas de celui des psaumes que nous venons de citer, est éloigné du sanctuaire. Israélite pieux, il souffre d'un tel exil plus que de toute autre privation car les parvis de l'Eternel sont pour lui le gage de la présence de Dieu et de toutes les bénédictions dont elle est la source. Cependant la note de la tristesse, sans être absente de ce psaume, n'y domine pas comme dans le Psaume 42. C'est plutôt la joie d'un prochain retour qui s'exprime ici. Au verset 10, le psalmiste identifie sa cause avec celle de son roi, l'oint de l'Eternel. Nous nous le représentons partageant à Mahanaïm l'exil de David (2Samuel 17.24) et voyant, les événements se dérouler de manière à rendre probable une prochaine restauration de la royauté légitime. Et il y a encore des obstacles à surmonter, mais ils le seront, par la puissance de la foi (versets 6 à 8). Aussi le cantique se termine-t il par l'expression d'une confiance sereine et même triomphante (versets 12 à 13).
Ce psaume est de ceux que tout fidèle applique immédiatement à ses propres circonstances, et cela par le fait même que la situation du psalmiste est l'emblème de celle du chrétien. Bourgeois des cieux, l'enfant de Dieu est privé ici-bas des manifestations glorieuses de la présence du Seigneur ; des vallées de Baca (de larmes) le séparent du but à atteindre, mais sa force est en Dieu (verset 6) ; il sait qu'elle lui sera donnée et même augmentée d'étape en étape, jusqu'à ce qu'il se présente devant Dieu, dans la cité céleste (verset 8).
Le psaume comprend trois strophes :
- Dans la première se fait sentir encore la tristesse de l'exil, versets 2 à 5 ;
- dans la deuxième, le psalmiste se voit déjà en marche vers Sion, versets 6 à 9 ;
- dans la troisième, il célèbre la joie incomparable que l'on trouve en présence de Dieu, versets 10 à 13.
Le dernier vers de chaque strophe prépare la strophe suivante ; ainsi la pensée du verset 5 : Heureux !... est reprise, quoique modifiée, dans la deuxième strophe ; la prière du verset 9 éveille en quelque sorte celle qui remplit la dernière strophe. Le psaume s'ouvre et se termine par l'invocation : Eternel des armées ! et le premier, comme le dernier verset, offrent la particularité de n'avoir qu'un seul stiche.
Les noms de Jéhova (Eternel) et d'Elohim (Dieu) se trouvent presque en nombre égal dans ce psaume (voir Introduction). Il clôt le groupe des psaumes élohistes, mais en annonçant, le groupe jéhoviste, qui occupe la fin du recueil entier des Psaumes.
Guitthith : voir Psaumes 8.1, note.
Fils de Koré : voir Psaumes 42.1, première note.