Oh ! si mon peuple m'écoutait !
Le ton joyeux des premiers versets de ce cantique forme un contraste sensible avec les plaintes et les supplications du psaume précédent. Et pourtant un lien réel les rattache l'un à l'autre. Là Israël se plaint de ce que Dieu a abandonné sa vigne ; ici nous entendons Dieu lui-même rappeler à son peuple qu'il s'est attiré ses malheurs par sa désobéissance, et qu'il n'a qu'à marcher fidèlement dans sa voie, pour voir son bonheur durer à toujours. Le Psaume 81 est un cantique de fête. Il se pourrait que, comme le 80, il eût été composé à l'occasion de la Pâque solennelle à laquelle Ezéchias convia les Israélites des dix tribus (2Chroniques 30.1). La mention spéciale faite de Joseph (verset 6), les ménagements et le ton de compassion avec lesquels l'homme de Dieu s'adresse, au nom de l'Eternel, à ses auditeurs (versets 12 à 17), conviennent à cette situation, sans que l'on puisse pourtant rien affirmer de certain à cet égard. D'après la tradition juive, ce psaume était chanté habituellement à la nouvelle lune du mois de Tischri (octobre), qui était pour Israël le Nouvel-An de l'année civile et qui précédait de quinze jours la fête des Tabernacles. L'habitude s'était introduite, paraît-il, de sonner en ce jour la trompe ou trompette sacerdotale, dont parle notre verset 4, et dont la loi ne prescrivait l'usage que pour l'entrée dans l'année du jubilé (Lévitique 25.9).
On a beaucoup discuté sur cette donnée, les uns la trouvant pleinement justifiée, les autres estimant que le contenu du psaume et spécialement le verset 6 témoignent en faveur de la fête de Pâques. Il se peut que, composé comme nous l'avons dit plus haut, pour cette Pâque à laquelle Ezéchias avait voulu donner un caractère exceptionnellement joyeux, en même temps que solennel, le psaume soit devenu dans la suite un cantique de commencement d'année.
Il comprend trois strophes :
- Invitation à célébrer une fête joyeuse, versets 2 à 6.
- Souvenir de la délivrance d'Egypte, des bienfaits, des recommandations et des promesses de Dieu, versets 7 à 11.
- Ce que serait Israël, s'il obéissait, versets 12 à 17.
Sur Guitthith : voir Psaumes 8.1, note.