La vigne du Seigneur ravagée.
Les Septante ajoutent au titre de ce psaume ces mots : Au sujet de l'Assyrien. Cette indication est bien conforme au contenu du cantique, qui est une prière d'intercession en faveur du royaume des dix tribus, sérieusement menacé et peut-être déjà en partie détruit. On sait que, sous ses derniers rois, ce royaume eut à subir plusieurs invasions assyriennes dont la dernière, celle de Salmanasar, puis de Sargon, amena sa ruine complète. On sait aussi quelle sympathie le roi Ezéchias témoigna, dans ces temps de malheur, aux Israélites du nord et comment il les invita, peu avant leurs derniers désastres, à venir à Jérusalem célébrer la Pâque (2Chroniques 30.1). Il n'y a donc rien d'invraisemblable à ce que ce cantique ait été composé et chanté à cette époque-là à Jérusalem. Un fait à remarquer est qu'aux deux tribus issues de Joseph est associé, ici Benjamin (verset 3), qui pourtant rentrait dans le royaume de Juda. Cependant une partie du territoire de cette tribu, comprenant entre autres les villes de Béthel, Guilgal et Jéricho, appartenait au royaume du nord.
L'idée principale du psaume est exprimée par le refrain, trois fois répété, qui fait sans doute allusion à la bénédiction sacerdotale (Nombres 6.24) :
O Dieu ! rétablis-nous ;
Fais luire ta face, et que nous soyons sauvés !
Cette idée est développée dans la première strophe (versets 2 à 4). La suite du psaume motive cette demande, en exposant la triste situation du peuple, tout d'abord d'une manière générale, dans la deuxième strophe (versets 5 à 8), puis avec plus de détails dans les deux suivantes (versets 9 à 12 ; 13 à 16). Dans ces deux strophes le refrain fait défaut ; à peine en retrouve-t-on un vague écho au verset 15. Il ne reparaît qu'après la supplication finale (verset 20). Remarquons la gradation dans l'intensité, de la prière, telle qu'elle ressort des noms donnés à Dieu dans le refrain : Dieu (verset 4), Dieu des armées (verset 8), Eternel, Dieu des armées (verset 20).
1 à 4 Appel au berger d'Israël.
Nous retrouvons ici les images tantôt gracieuses, tantôt grandioses, qui nous ont déjà frappés dans d'autres psaumes d'Asaph : celle du berger paissant son troupeau (79.13, note), celle d'une splendeur éclatante apparaissant au milieu des ténèbres (50.2-3).
Les lis du témoignage, voir Psaumes 45.1 ; 60.1, note.