Israël livré en proie aux gentils.
Plusieurs Pères de l'Eglise ont rapporté ce psaume aux profanations et aux cruautés commises à Jérusalem par Antiochus Epiphane. Il se rapproche en effet beaucoup du Psaume 74, qui nous a paru appartenir à cette époque. On pourrait penser aussi à la prise de Jérusalem par les Chaldéens. Mais le psaume dépeint une persécution, plutôt qu'une guerre suivie d'un désastre ; l'expression : tes fidèles (verset 2), convient mieux aux martyrs du deuxième siècle avant Jésus-Christ qu'à la génération infidèle de l'époque de Jérémie. Tous les traits caractéristiques de la complainte du psalmiste : profanation du temple, dévastation de la ville, sang répandu, blasphèmes contre Jéhova, se trouvent réunis dans le tableau que font les Maccabées des atrocités commises par Antiochus. Comparez entre autres 2Maccabées 8.2-4.
Le psaume comprend trois strophes, de quatre versets chacune, suivies d'une courte conclusion. La première strophe forme la complainte proprement dite, où sont décrites les profanations commises (versets 1 à 4) ; les deux suivantes sont une prière, où le psalmiste demande la délivrance d'Israël et le châtiment de ses ennemis, tout d'abord en considération même des maux extrêmes du peuple (versets 5 à 8), puis eu égard à la gloire de Dieu, qui serait compromise, si le mal n'était pas réparé et châtié (versets 9 à 12).
1 à 4 Jérusalem dévastée et profanée.
Les nations... Il faut conserver ici au mot gojim le sens de : nations idolâtres, par conséquent souillées et indignes d'entrer dans l'assemblée de l'Eternel. Le fait que l'héritage de l'Eternel (la Terre Sainte) est envahi par les païens équivaut presque à la suppression de cet héritage (Deutéronome 23.2-3 ; comparez Lamentations 1.10).