65 à 72 Le choix de Sion.
Le Seigneur s'éveilla : image fréquente dans les Psaumes (7.7 ; 35.23 ; 44.24, etc.). Ici l'anthropomorphisme est plus accentué encore qu'ailleurs, puisque le réveil est représenté dans la suite du verset comme celui d'un héros dont l'ardeur et l'enthousiasme sont si exubérants qu'en le voyant, on le croirait animé par le vin. La hardiesse du langage biblique atteint ici son extrême limite. Il est à peine besoin de dire qu'en parlant d'un réveil de Dieu, le psalmiste se place au point de vue de l'ignorance humaine, pour laquelle Dieu semble dormir, quand il n'agit pas comme le voudrait l'homme. On a vu dans les versets qui précèdent comment Dieu, loin de dormir, abandonne volontairement Silo, livre son peuple au glaive, etc. Néanmoins, aux yeux d'Israël, jamais le sommeil divin ne fut plus profond que quand l'arche, loin de lui donner la victoire, aggrava la défaite et fut emmenée par l'ennemi. Mais le réveil fut d'autant plus étonnant, quand, sans aucune intervention humaine, Dieu frappa cet ennemi et le couvrit de honte (1Samuel 5.6 ; 7.7-11).