Le roi juste et la gloire de son règne.
Dans cette prière, destinée sans doute à être adressée à Dieu par le peuple, en faveur de ses rois, nous voyons se dessiner devant nous l'image du roi idéal, tel qu'Israël pouvait l'attendre, ensuite des promesses faites à David (2Samuel 7.1). C'est un roi juste (versets 1 à 4), dont l'influence sera éternellement bénie (versets 5 à 7), dont l'empire sera universel (versets 8 à 11). Il ne devra son autorité qu'à la bienveillance et à la miséricorde qu'il témoignera aux malheureux (versets 12 à 15). Aussi les vux de prospérité que son peuple forme pour lui dépassent-ils tout ce que l'on a jamais pu souhaiter au meilleur des bienfaiteurs (versets 16 et 17).
On a cru devoir jadis, à cause de la note du verset 20, attribuer le psaume à David, priant pour Salomon. Mais nous ne trouvons ici ni les images vives et nombreuses familières à David, ni les élans ardents de ses prières, ni ses appels répétés au Dieu d'Israël. Le nom de Dieu n'est prononcé qu'une fois (verset 1) ; l'allure tranquille et majestueuse de ce beau psaume rappelle plutôt la nature calme et réfléchie de Salomon.
Si l'on voit en ce dernier l'auteur de cette prière, il faut admettre qu'il l'a composée à l'usage de son peuple, au moment où les débuts de son règne éveillaient de grandes espérances. Et il est certain que le caractère du psaume convient à un tel règne. Tandis que les grands psaumes de David (110, 18, 68,2) parlent de lutte et de victoire sur les puissances ennemies, l'idéal de Salomon est un règne de paix ; la vertu à laquelle il aspire est moins la valeur guerrière que la justice, qui protège l'innocent et relève l'opprimé (1Rois 3.9) (d'Orelli).
Mais quelle distance pourtant entre Salomon et le roi de notre psaume ! Aussi est-ce avec raison, dit encore d'Orelli, qu'après le déclin rapide de sa gloire, ce psaume a été envisagé comme une prophétie relative à un lointain avenir. Fruit de la promesse, il a contribué à son tour à former en Israël l'attente messianique. Nous attendons encore son plein accomplissement. Si le roi lui-même, juste et sauveur, est déjà là, nous demandons encore chaque jour que son règne vienne.
1 à 4 Le roi juste.
Donne tes jugements. La fonction primitive et principale d'un roi est de rendre la justice, il doit être dans ses jugements l'interprète de Dieu même (1Rois 3.28 ; Esaïe 11.3 ; Psaumes 45.7 ; Romains 13.4-5).
Au fils du roi. Les monarques de l'antiquité aimaient à se dire rois par droit de naissance et à rappeler qu'ils l'étaient, pour ainsi dire, avant que de naître.