Les marches victorieuses du Roi d'Israël.
Ce psaume est célèbre dans les annales de la Réforme française. C'était celui des Huguenots et des Camisards dans leurs luttes ardentes contre les ennemis de leurs croyances et de leurs libertés. C'est bien en effet une marche guerrière que nous avons ici, le chant de triomphe d'une armée rentrant avec son roi dans la capitale de son pays. Ce roi est Dieu lui-même, dont la puissance victorieuse a éclaté jadis, lorsqu'il fit sortir Israël d'Egypte (versets 2 à 11). Il vient de faire remporter à son peuple une grande victoire, semblable à celle de Débora, au temps des Juges (versets 12 à 24). Le peuple, en célébrant ce triomphe, annonce les victoires futures que Dieu lui donnera sur tous les peuples de la terre (versets 25 à 36.
Les critiques ont assigné à ce cantique, comme date de composition, les époques les plus diverses, à partir de David jusqu'au temps des Maccabées. La mention des tribus du nord, Zabulon et Nephthali (verset 28), indique une époque antérieure au schisme ; le cantique de Débora, qui remonte au temps des Juges, est cité (versets 8 et 12 à 15) comme un chant éminemment populaire, ce qu'il était sans doute à l'époque des premiers rois ; enfin la place saillante donnée dans le psaume à la montagne de Sion, comme résidence de l'Eternel, fait penser, conformément à la suscription, au temps de David. Cette marche guerrière aurait été composée au retour d'une des campagnes de ce roi, et bien probablement à la fin de la guerre glorieuse contre les Syriens et les Ammonites à laquelle semble plus d'une fois faire allusion notre cantique.
Au reste, ce chant grandiose appartient à toutes les époques, en ce sens que la vérité qu'il exprime, concernant la marche victorieuse de Dieu, à la tête de son peuple, est de tous les temps. Plongeant par ses premiers versets dans les souvenirs du Sinaï, ce poème épique touche à l'avenir le plus lointain par la position centrale qu'il donne à Jérusalem, au milieu de toutes les nations soumises à l'Eternel, et par sa note finale, qui prélude aux déclarations du Seigneur, relatives à son retour sur les nuées du ciel.
2 à 11 Les souvenirs du passé.
Les deux premières strophes (versets 2 à 4 et 5 à 7), tout en évoquant les souvenirs du désert, donnent la note générale du cantique entier. La troisième strophe (versets 8 à 11) rappelle plus spécialement les grandes scènes du Sinaï et de l'entrée en Canaan.
Que Dieu se lève... Le passage 2Samuel 11.11, montre que, dans la guerre contre les Ammonites, l'arche avait été conduite au camp. Le psalmiste semble y faire allusion, tandis qu'il cite, d'après Nombres 10.35, la parole que Moïse prononçait, dans les marches d'Israël, quand les sacrificateurs portant l'arche donnaient le signal du départ.