Il y eut de la neige sur le Tsalmon... Chez les Arabes, l'expression asperger de neige est synonyme de : répandre de la joie, tant la fraîcheur de la neige charme dans les contrées que brûle le soleil. La même image parait avoir été familière aux Israélites (comparez Proverbes 25.13). Ces mots peuvent donc s'entendre ainsi : il y aura de la joie dans cette victoire péniblement remportée. Tsalmon signifie obscurité. Ce mot désigne, comme nom propre, une montagne noire, couverte d'un épais et sombre feuillage ; il est spécialement appliqué à une montagne située près de Sichem (Juges 9.48). On pourrait entendre : Le Tsalmon se couvrit de neige, comme d'un joyeux vêtement de fête. Mais il y a peut-être une explication plus simple. Le fameux savant juif Aben-Esra voyait dans le Tsalmon de notre psaume une montagne du Hauran, au nord de la contrée où les Syriens et les Ammonites furent battus par les Israélites, et le géographe Ptolémée mentionne un mont Asalmanon parmi les sommités du Hauran. Il est naturel que le psalmiste, voulant exprimer la joie des vainqueurs, ait choisi ses images dans la contrée même où fut remportée la victoire. Le Tsalmon (du Hauran), témoin de la bataille, s'associa à la joie des vainqueurs. Cette explication a l'avantage de faire comprendre comment, dans la strophe suivante, le poète s'adresse aux monts de Basan (ou du Hauran). On ne comprendrait pas autrement ce qu'il y aurait de soudain dans cette allocution, que rien, dans ce qui précède, n'aurait préparée.