Ta grâce est meilleure que la vie.
L'ardent désir de la présence de Dieu, exprimé dans ce cantique, rappelle les Psaumes 42 et 61. Seulement ici le soupir de l'âme s'est à peine fait entendre qu'il est déjà exaucé ; la joie provenant de la communion avec Dieu remplit l'âme du psalmiste et lui inspire des paroles qui se gravent d'elles-mêmes pour toujours dans le cur du lecteur. Cette même joie en Dieu, au sein du danger, fut, d'après les Psaumes 3 et 4, la disposition d'esprit de David, au lendemain de la révolte d'Absalom. Nous pensons que notre psaume fut composé à la même époque. S'il en est ainsi, il faut voir dans le désert de Juda, mentionné par la suscription, la contrée aride où se retira le roi, avant de traverser le Jourdain (2Samuel 15.28).
Le corps du cantique, consacré tout entier à l'expression de cette joie (versets 5 à 9), est précédé d'une introduction et suivi d'une conclusion, de trois versets chacune (versets 2 à 4 et 10 à 12).
2 à 4 Mon âme a soif de Dieu !
Terre desséchée. Le mot hébreu aïeph, employé ici, désigne, dans le récit 2Samuel 16.14, soit l'épuisement de la troupe de David, soit la localité fort aride où les fugitifs reprirent haleine (voir la note de ce passage). Il se peut qu'il y ait ici allusion à cette halte. La vue de cette contrée desséchée aggrave l'impression de lassitude qui accable les fugitifs. Mais, dans cet épuisement, c'est vers Dieu que se porte le soupir de David ; c'est d'une communication de sa grâce qu'a besoin, non seulement son esprit mais son corps (ma chair).