Un vin d'étourdissement. Cette image, reproduite par le Psaume 75 et fréquemment par les prophètes (Esaïe 19.11 ; Jérémie 25.15, etc., apparaît ici pour la première fois. Elle désigne l'égarement qui s'empare des peuples à certains moments particulièrement critiques de leur histoire. Généralement cet esprit d'étourdissement, qui prépare les grandes catastrtrophes, est lui-même, en même temps qu'un châtiment divin, une suprême manifestation de l'état de péché des peuples, qui, sous l'empire d'une sorte de possession, se précipitent d'eux-mêmes au devant du jugement. Cette idée de culpabilité du peuple semble être absente de notre passage ; l'épouvante générale est ici, non le prélude, mais le résultat des maux qui ont frappé Israël. Elle aurait pu conduire à des malheurs plus grands encore, si Dieu n'avait pas donné un étendard à ceux qui le craignent (verset 6).