Prière et délivrance d'une âme troublée.
Ce psaume est le premier de ceux que l'ancienne Eglise a appelés Psalmi pnitentæ, psaumes de repentance. Voir Introduction.
C'est en effet le sentiment douloureux de la condamnation divine qui domine dans le psaume 6, bien que le mot même de péché ne s'y trouve pas. L'auteur n'est pas seulement entouré d'ennemis (versets 8 et 11), mais il se sent sous le poids de la colère de Dieu. Dans les psaumes 3 et 4 nous le voyons, quoique dans la position la plus désespérée, à vues humaines, rempli de confiance et même de joie, parce que l'Eternel est avec lui. Maintenant Dieu se tient éloigné, et le sentiment poignant de cet abandon accable son âme, au point qu'il en oublie toute autre chose. Même les persécuteurs disparaissent à l'arrière-plan. Ils ne sont mentionnés qu'au moment où l'assurance de l'exaucement fait rentrer la paix dans l'âme du psalmiste.
L'extraordinaire sensibilité qui se révèle dans ce cantique n'est point, ainsi qu'on l'a prétendu, hors de place dans la vie d'un guerrier tel que David. Elle est confirmée par divers traits de l'histoire du roi-prophète (2Samuel 1.12 ; 3.32 ; 12.16-19, etc.). C'est d'ailleurs un signe d'endurcissement et non de force que de rester insensible sous le poids de la colère divine. Un plus grand que David n'a pas connu de douleur plus intense que de se sentir abandonné de Dieu (Matthieu 26.46). Ce rapprochement nous amène à constater ce fait, qui nous frappera partout dans l'étude des psaumes, d'un écrit qui n'a rien de directement prophétique et dont pourtant telle parole se trouve non seulement citée, mais réalisée pleinement dans la vie du Sauveur (voir versets 4 et 9, notes).
Le psaume comprend trois strophes. Après un cri de détresse (versets 2 à 4), le psalmiste, dans la strophe centrale, expose à Dieu l'état misérable où l'a plongé sa douleur (versets 5 à 8) ; puis, assuré de l'exaucement, il reprend courage (versets 9 à 11).
Sur l'octave, hébreu : al hascheminith. Dans le passage 1Chroniques 15.21, ce terme est opposé à celui de al alamoth, qui désigne des voix de jeunes filles ou de soprano. L'octave signifie donc vraisemblablement : voix de basse. Un ton bas convient à un psaume de repentance, tel qu'est celui-ci, de même qu'au Psaume 12, qui porte la même indication musicale. Le Psaume 46, où nous trouvons al alamoth, exprime au contraire l'allégresse.