La haute retraite du persécuté.
Voici encore un Mictham à refrains, semblable, quant à la forme poétique, aux Psaumes 56, 57, 58. Celui-ci a ceci de particulier que deux strophes sans refrain, la première et la troisième, alternent avec deux strophes à refrain, la deuxième et la quatrième. Ces deux dernières ont deux refrains, l'un en tête, l'autre à la fin des strophes ; le premier décrit l'attitude des méchants, dans leurs projets meurtriers ; le second rappelle le secours que le croyant attend de son Dieu.
Les commentateurs qui ont pour principe de n'accorder aucune valeur quelconque aux suscriptions font les suppositions les plus diverses quant à l'origine du psaume. On le met dans la bouche d'Ezéchias, de Josias, des Israélites captifs parmi les païens. Si même la note du verset 1 n'est qu'une supposition au même titre que toutes les autres, c'est encore celle-là qui nous semblerait la plus soutenable, moyennant que l'on y voie l'indication, non du moment précis, mais de l'époque à laquelle se rapporte le psaume. Les ennemis qui font le tour de la ville (versets 7 et 15), prêts à tuer celui qu'ils cherchent, mais n'osant pourtant pas encore l'attaquer dans sa maison peuvent fort bien être des créatures de Saül. L'ordre formel de saisir David chez lui n'a pas encore été donné, mais on sait que le roi, qui a déjà voulu le tuer de sa propre main, cherche des moyens indirects de le faire mourir et que l'on ne pourrait mieux gagner sa faveur qu'en prévenant ses désirs. David et Mical pénètrent ces desseins, ils voient se resserrer de jour en jour, autour de leur maison, le cercle des gens malintentionnés, jusqu'au moment où le dénouement fatal n'est évité, humainement parlant, que grâce à la sagacité de Mical (1Samuel 19.14). Dans notre psaume, composé peut-être plus ou moins longtemps après les événements qu'il rappelle, David a reproduit ses impressions et ses prières de cette époque.
La première strophe affirme, en même temps que les mauvaises intentions des ennemis, l'innocence du psalmiste (versets 2 à 6) ; la deuxième décrit les menées des méchants et leur oppose la force invincible de Dieu (versets 7 à 10) ; la troisième, développant les sentiments de confiance qui viennent d'être exprimés, annonce comme certaine la destruction des coupables (versets 11 à 14) ; la dernière revient à la description de l'attitude des méchants, mais pour montrer, avec un accent de triomphe, tout ce qu'elle a de misérable, en regard de la sécurité que le croyant trouve auprès de son Dieu (versets 17 et 18).
Ne détruis pas : même indication musicale qu'aux Psaumes 67 et 68.
Lorsque Saül... Cette notice semble tirée presque textuellement de 1Samuel 19.11.