Complots et trahison.
Ce psaume est la prière d'un homme entouré d'ennemis mortels et trahi par son intime ami. Si cet homme est David, ainsi que l'indique le titre, l'époque de sa vie à laquelle se rapporte ce cantique ne peut être que celle qui précéda la révolte d'Absalom, alors que le roi, déjà abattu par de précédentes épreuves, assistait impuissant aux menées sourdes de son fils et voyait son confident et son ami Ahithophel faire cause commune avec ses adversaires. Cependant les termes des versets 14 et 15 ne conviennent qu'à moitié à Ahithophel et à David (un homme de mon rang... nous allions avec la foule...). La situation décrite a fait penser aussi au prophète Jérémie, en butte à tant de haines et d'attaques de la part de ses contemporains. Mais si Jérémie a eu à souffrir de la part de ses compatriotes et même de sa famille (Jérémie 11.21 ; 12.6), il ne parle pas d'une trahison semblable à celle que décrit notre psaume, et les analogies de pensée et de style que l'on remarque, par exemple, entre Jérémie 9.2 et Psaumes 55.7-9 peuvent être fortuites. Nous renonçons, pour notre part, à rattacher ce psaume à un nom connu.
La complainte comprend trois parties et une conclusion. Dans la première partie (versets 2 à 9), le psalmiste expose sa situation misérable ; dans la deuxième (versets 10 à 16), il décrit la conduite de ses ennemis ; dans la troisième (versets 17 à 22), il exprime sa confiance en Dieu, qui le délivrera ; la conclusion (versets 23 et 24) contient une exhortation et un résumé des pensées du psaume.
2 à 9 La détresse du psalmiste.
Il supplie Dieu de l'écouter (versets 2 et 3), décrit les craintes qui l'assaillent (versets 3 à 6) et exprime le désir de pouvoir s'enfuir bien loin (versets 7 à 9).