Tout homme n'est qu'un souffle.
Qui a raison sur la terre ? Le juste ou le méchant ? Cette question, qui est en définitive le grand problème de l'existence humaine, a déjà fait le sujet du Psaume 37. Mais c'était alors un vieillard qui déclarait, instruit par l'expérience, combien est courte la prospérité des impies, durable au contraire celle des gens de bien. Ici, comme au Psaume 73 nous sommes au fort de la crise, alors que la lumière de l'expérience fait encore défaut. En face du méchant, dont la présence seule est une négation du gouvernement divin, un croyant dans l'affliction s'efforce en vain de refouler le doute et le murmure ; le feu intérieur éclate (versets 2 à 4). Mais bientôt, revenant à l'Eternel, il médite sur la brièveté de la vie, ce qui le pousse à chercher son refuge en ce Dieu même dont la main s'appesantit sur lui (versets 5 à 12). Ainsi l'agitation s'apaise, et si le ton de la prière finale est encore celui de la tristesse, c'est pourtant celui d'une tristesse résignée (versets 13 et 14).
Ce psaume est un exemple remarquable de la foi israélite qui, en face du voile qui recouvre l'avenir, n'ayant d'autre perspective que le Schéol, après une vie très courte, remplie de maux, n'en persiste pas moins à espérer en l'Eternel. Une étroite parenté de pensée rapproche notre psaume du Psaume 72, qui, en outre, est aussi dédié au chantre Jéduthun. On ne peut rnéconnaître non plus une grande ressemblance de pensée et d'expression avec le livre de Job. Toutefois la distinction entre souffrance et culpabilité, si importante dans le livre de Job, n'est point accentuée, ni même indiquée dans ce psaume.
Jéduthun était, avec Héman et Asaph, un des principaux directeurs des churs de Lévites (1Chroniques 16.41-42 ; 2Chroniques 5.12).