Qui héritera la terre ?
Le succès souvent accordé au méchant dans ses entreprises, semble démontrer que le monde est livré au hasard et que la justice divine n'existe pas. C'était là une pierre d'achoppement pour les croyants de l'ancienne alliance plus encore que ce n'est le cas pour ceux de nos jours, parce que l'Israélite, n'ayant pas sur le monde à venir les clartés qui nous ont été données, s'attendait à voir le bien recevoir sa sanction et le mal son châtiment dans le cours même de l'existence actuelle. C'est ici que l'expérience des vieillards pieux était utile aux jeunes gens. Notre psaume, écrit par un homme qui, dans sa longue carrière (verset 25), a vu prospérer bien des méchants, expose ce qu'a d'éphémère cette prospérité, de durable au contraire le bonheur du juste. Il se résume en une déclaration qui semble paradoxale, mais que le Seigneur a faite sienne : Les débonnaires hériteront la terre (versets 9, 14, 22, 29). Telle fut bien l'expérience de David, élevé à la royauté sans l'avoir conquise de vive force.
Comme tous les psaumes soumis à l'arrangement alphabétique, celui-ci est composé d'une série de sentences, où la même vérité apparaît à diverses reprises sous de nouvelles formes. Nous n'y trouvons pas de divisions nettement marquées ; les titres que nous mettons en tête des trois paragraphes de nos notes (versets 1 à 11 ; 12 à 15 ; 16 à 26) indiquent les nuances d'une même pensée.
1 à 11 Ne t'irrite pas contre le méchant.
Ne t'irrite pas... L'irritation semble justifiée en cas pareil, parce qu'on la confond facilement avec l'indignation que doit provoquer le mal. Mais il s'y mêle souvent un sentiment personnel de jalousie, qui la rend coupable, et qui d'ailleurs détourne le fidèle du simple accomplissement de son devoir (verset 3). Ce verset a passé tel quel dans Proverbes 24.19. Comparez Proverbes 23.17 ; 3.31.