L'alléluia final.
Nous avons vu que chacun des quatre premiers Livres des Psaumes se termine par une brève parole de louange qui a fini par faire corps avec le psaume qui la précède (voir Psaumes 41.14 ; 72.18, etc.). Le cinquième Livre, dont le dernier groupe est tout entier composé de psaumes d'Alléluia, a pour doxologie finale un psaume entier, qui forme en même temps la conclusion de tout le recueil. Et quelle conclusion ! C'est, d'un bout à l'autre, une louange qui monte vers l'Eternel. En mettant à part le premier et le dernier Hallelou-Jah, qui sont en quelque sorte en dehors du psaume proprement dit, on entend dix fois retentir le cri Louez-le ! Pas une de ces lignes, de trois mots chacune, qui ne commence par ce mot. Le nombre dix est celui de la plénitude. C'est donc par une louange dans laquelle l'âme tout entière adore et bénit que se termine ce recueil de prières, où nous avons entendu l'écho des luttes, des souffrances et de la foi triomphante de l'ancien peuple de Dieu. Toutes les larmes, comme toutes les joies d'Israël, aboutissent à la pleine louange. C'est ici, ne l'oublions pas, un cri de foi, car à l'époque où fut clos notre recueil, Israël était faible, petit, sans cesse exposé à être foulé aux pieds par ses puissants voisins. Mais cette parole de foi est une infaillible prophétie. L'Eternel règne, et, au terme de l'histoire du peuple des rachetés, les cris de détresse et de douleur seront remplacés par l'action de grâces. Seule la louange demeurera et surabondera.
Le lieu de la louange (verset 1), son motif (verset 2), les formes variées qu'elle peut et doit revêtir (versets 3 à 5), voilà ce que rappelle ce psaume, dans sa brièveté, pour aboutir à la parole finale : Que tout ce qui respire loue l'Eternel ! (verset 6).
Le lieu de l'adoration est le sanctuaire, le temple terrestre de l'Eternel, d'où la pensée du fidèle s'élève aussitôt au sanctuaire céleste, désigné ici par ces mots : l'étendue de sa force (où éclate sa force ; comparez Psaumes 68.35). Le psalmiste s'adresse à la fois aux hommes et aux anges. La mention de la puissance divine introduit la pensée du verset 2.