6 à 9 Les nations châtiées.
6 et 7L'épée... la vengeance. Israël a représenté sur la terre la cause de l'Eternel. Son histoire est une longue lutte contre les puissances idolâtres. Si Babylone s'est ouverte, pour le laisser sortir comme du tombeau, cela ne s'est pas fait pour qu'il restât dans un état d'infériorité ; cette délivrance était bien plutôt le point de départ de la victoire complète. Il est certain que cette victoire, promise à Israël par tous ses prophètes, pouvait être comprise dans un sens extérieur et politique, celui auquel s'attachait l'Israël charnel, ou dans un sens spirituel, celui que Dieu avait en vue et que le Christ a dégagé de tout alliage. Avant la venue du Seigneur, les plus éclairés mêmes, parmi les hommes de l'ancienne alliance, avaient peine sans doute à faire la distinction qui nous semble toute naturelle. Ils attendaient à la fois une victoire matérielle et un triomphe spirituel, l'une étant la condition de l'autre. Cependant il faut bien reconnaître que, dans la mesure même où la victoire cessait d'être, aux yeux de ces hommes, celle du Dieu saint, pour devenir la glorification d'un peuple particulier, Israël cessait d'être Israël et redescendait au niveau de ces nations qu'il devait subjuguer. Voilà pourquoi nous ne saurions partager le point de vue qui voit dans la fin de ce psaume l'expression d'une soif de vengeance tout humaine. Quant à ceux qui, après la venue du Sauveur, n'ont pas craint de s'appuyer sur un psaume tel que celui-ci, pour justifier des guerres d'extermination, ils ont montré par là que l'esprit qui les animait n'était ni celui de Christ, ni même celui de l'ancien Israël, mais un esprit d'orgueil, qui ne pouvait que les entraîner à d'épouvantables aberrations. Citons comme exemples, d'après Delitzsch, ce Gaspard Schoppe (Scioppius), qui se servit de notre psaume pour décider les princes catholiques à déchaîner la guerre de Trente Ans, et Thomas Münzer, qui réussit, par ce même moyen, à allumer la guerre des paysans.
Les louanges de Dieu..., l'épée à deux tranchants... Le deuxième livre des Maccabées fait sans doute allusion à cette parole, en représentant les héros juifs comme combattant de leurs mains et louant Dieu dans leurs curs (2 Maccabées 15.27).