Chant de guerre ; avant la bataille.
Après les deux psaumes de supplication. que l'on vient de lire, voici deux cantiques où domine la louange (Psaumes 144 et 145), et qui fraient la voie à la grande doxologie finale du recueil entier (Psaumes 146 à 150).
Le Psaume 144 est extrait en partie du Psaume 18 : il en reproduit les splendides images (versets 1 et 2, 5 à 7) et intercale au milieu de ces fragments des paroles sur la faiblesse de l'homme, empruntées aux Psaumes 8 et 39. Ce qu'il a d'original, c'est le refrain des versets 7, 8 et 11 : Sauve-moi... de la main des fils de l'étranger...
Quant à la strophe finale (versets 12 à 15), fort différente du reste du psaume par son rythme et son style, et ne se reliant à ce qui précède que par une conjonction d'un sens vague et indéterminé, elle fait l'effet d'avoir appartenu à une autre composition. Le tableau qu'elle présente des bienfaits de la paix termine, il est vrai, fort bien ce chant de guerre.
Nous nous demandons si l'intention du psalmiste n'a pas été de composer, au moyen de paroles de David, une prière à l'usage des armées de David ou plutôt de ses successeurs, ainsi que le font supposer certaines formes de langage appartenant à une époque moins ancienne que celle de ce roi. Le nom de David (verset 10) peut désigner ici ses descendants, aussi bien que lui-même.
Après avoir rappelé ce qu'est l'appui de l'Eternel pour l'homme faible et impuissant (versets 1 à 4), le psaume invoque le secours du Seigneur avant la bataille (versets 5 à 8), puis il célèbre à l'avance la délivrance qui sera accordée à David et à son peuple (versets 9 à 11), et il décrit la prospérité d'une nation dont l'Eternel est le Dieu (versets 12 à 15).
1 à 4 Eternel protecteur du faible.