Le Dieu de la promesse.
Ce psaume est un de ceux que nos Eglises ne se lassent pas de chanter. La belle traduction en vers qu'en a faite Clément Marot et la musique de Louis Bourgeois, qui s'adapte si bien à son caractère, sont, avec sa valeur propre, les causes de sa popularité.
Il ouvre une série de huit psaumes attribués à David. Les Septante, pour ce qui concerne notre Psaume 138, complètent comme suit le titre du texte hébreu : De David, d'Aggée et Zacharie, ce qui veut dire sans doute que, d'après eux, ce psaume est une révision d'un texte plus ancien, faite par les soins d'Aggée ou Zacharie, ou même une composition nouvelle sur une donnée de David. Il est certain que, si le langage du psaume n'a pas la couleur de celui de David, le sujet même du cantique convient bien à ce roi. L'auteur loue l'Eternel pour une parole venue de lui, dans laquelle se révèle toute sa grâce et toute sa vérité, et qui dépasse tout ce que pouvaient attendre ceux mêmes qui connaissaient ses grandes révélations (versets 1 à 3). La grandeur divine apparaît d'une manière si évidente dans cette promesse et dans son accomplissement, que tous les rois de la terre, quand ils la connaîtront, loueront l'Eternel (versets 4 à 6). Le psalmiste célèbre, en terminant, les délivrances dont il a été l'objet et celles sur lesquelles il compte encore pour l'avenir, grâce à la fidélité de l'Eternel (versets 7 à 8).
Quelle est cette promesse à laquelle aboutit en quelque sorte le plan de Dieu et au sujet de laquelle toute la terre se réjouira, sinon celle qui fut faite à David ? Plus d'une parole de notre psaume semble faire allusion au texte même du récit de 2Samuel 7.1-29. On comprend qu'au retour de la captivité cette promesse, que tant de fautes et de malheurs avaient paru réduire à néant, et qui pourtant se montrait indestructible, ait pris, aux yeux d'hommes tels qu'Aggée, Zacharie, Zorobabel, un relief tout nouveau.
1 à 3 La parole de grâce et de vérité.
Devant les dieux. Qui sont ces dieux ? Les anges ? Ils sont appelés parfois fils de Dieu (Psaumes 29.1) mais il est douteux que le nom même de dieux leur fût donné. Les rois et juges de la terre ? C'est le sens qu'a adopté la traduction de Marot, qui dit : Devant les rois, je psalmodie. Cependant, si les juges sont appelés dieux, au Psaume 82, c'est dans un sens assez spécial, qui n'est pas nettement indiqué ici. Nous penchons donc pour l'explication qui voit ici une mention des faux dieux, dont parlent souvent les psaumes (95.3 ; 96.5, etc.). La préposition devant aurait ici une nuance de mépris : En face de ces dieux impuissants, je célébrerai la fidélité du Tout-Puissant.