Le flambeau promis à David.
Par sa longueur et plus encore par sa forme poétique, ce psaume diffère sensiblement des autres cantiques des Maaloth. On n'y trouve pas ces reprises, particulières à ces psaumes, qui, semblables aux anneaux d'une chaîne, relient un verset au verset suivant ; d'autre part, le parallélisme, généralement absent des psaumes de cette famille, est très exactement observé dans celui-ci. Si, malgré ces différences de forme, il a été inséré dans ce petit recueil, c'est sans doute parce qu'il exprime le désir le plus ardent de tous les pèlerins, celui de voir Sion devenir la demeure stable et définitive de l'Eternel. Notre psaume, qui offre la particularité d'être le seul où l'arche soit expressément nommée, rappelle les efforts de David pour donner à l'Eternel une demeure qui fût le lieu de son repos (versets 1 à 9), puis la grande promesse faite par l'Eternel à David et à sa postérité d'habiter en Sion et d'y affermir la puissance de son Oint (versets 10 à 18). L'intention du psaume est tout spécialement de rappeler à l'Eternel cette promesse. Une telle prière devait naître tout naturellement en Israël et y devenir intense dans la période qui suivit le retour de l'exil période à laquelle appartiennent les chants des Maaloth. Israël était chez lui, sans être maître de son pays ; il n'avait plus ses rois, et pourtant la promesse était là, qui devait s'accomplir !
Au point de vue du développement de la pensée religieuse, ce psaume est, avec le 130, le plus remarquable des psaumes des Maaloth. Ce sont là deux points culminants : le Psaume 130 fait pressentir un Sauveur par lequel l'Eternel, rachetant lui-même Israël de toutes ses iniquités, réalisera ce dont le ministère du souverain sacrificateur ne donnait que l'ombre et l'image : le 132 annonce aussi celui qui doit venir, mais il l'annonce comme étant le Roi-Messie, le fils de David, en qui s'accompliront toutes les promesses faites à celui-ci (Bovet).
1 à 9 Le vu de David.
Souviens-toi... en faveur de : expression plus hébraïque que française, dit M. Bovet lui-même, dont nous suivons ici la traduction ; mais il serait difficile de la rendre autrement. Deux demandes sont contenues en une seule : que l'Eternel se souvienne de David, et que, par amour pour lui, il bénisse son peuple et sa maison.
De toute sa peine : de celle qu'il s'est donnée pour transporter l'arche à Jérusalem (2Samuel 6.1 et suivants) et pour préparer la construction du temple.