Jusques à quand ?...
Plainte, prière, action de grâces se succèdent dans les trois strophes de ce psaume. Les strophes sont d'inégale grandeur. La première, celle où s'exhale la plainte, est la plus longue ; puis le cur du psalmiste, déjà soulagé, trouve la force d'adresser à Dieu une prière ; la dernière strophe, la plus courte, est la réponse apaisée du fidèle au langage secret et consolateur de l'Esprit de Dieu.
Le psaume est attribué à David, sans que rien vienne contredire cette donnée, mais sans que l'on puisse d'autre part déterminer la circonstance spéciale qui lui a donné naissance.
2 et 3 La plainte a la forme d'un reproche (comparez Marc 4.38). La conscience du psalmiste ne l'accuse pas, et pourtant Dieu cache sa face.
Jusques à quand ?... Ce cri, quatre fois répété, semble en contradiction avec le mot à toujours, qui représente l'abandon comme définitif. La contradiction est dans l'âme même du suppliant. Il est des moments où, comme le dit, Luther à propos de cette parole, l'espérance commence à désespérer, et où pourtant le désespoir espère encore.