Tremble, ô terre, devant l'Eternel.
Ce psaume, que l'on chantait à l'entrée du repas de la Pâque (voir introduction au Psaume 113), rappelle d'une façon aussi brève que pittoresque et saisissante les grands phénomènes de la nature qui accompagnèrent la sortie d'Israël d'Egypte et son entrée en Canaan. Le psalmiste, prêtant intelligence et conscience à la mer Rouge. au Jourdain, au Sinaï, voit la mer s'enfuir, le Jourdain reculer, les montagnes tressaillir au passage d'Israël. Et pourquoi cela ? Parce que ce peuple est devenu le sanctuaire de l'Eternel. C'est devant Dieu que tremble toute la création. On comprend quel encouragement donnaient de telles paroles au peuple revenu de l'exil, si petit et si faible encore en face des puissances terrestres qui l'entouraient, et quelle exhortation se dégageait en même temps de ces souvenirs pour Israël. Absolument impuissant par lui-même, il est plus que vainqueur s'il est sur la terre le peuple de l'Eternel.
Le psaume comprend quatre strophes, de deux versets chacune.
1 et 2 Le sanctuaire de l'Eternel.
Un peuple au langage étranger, littéralement : bégayant, balbutiant, que l'on ne comprend pas. Ce qui donne le plus vivement à un voyageur une impression d'isolement, dans un pays étranger, c'est le fait que la langue qu'on y parle lui fait l'effet d'un bredouillement inintelligible. Comparez Esaïe 28.11, note ; Esaïe 33.19. Cette impression n'était, il est vrai, pas celle des Hébreux qui avaient séjourné en Egypte, mais le psalmiste se sert néanmoins de cette image, pour faire sentir quelle barrière a toujours séparé son peuple des Egyptiens.